Le freestyle, plus qu'un phénomène de mode, est un mode de vie. Partez à sa découverte

BRUXELLES Freestyle. Deux syllabes. Pour définir ce qui est plus perçu comme un véritable art de vivre par ses protagonistes que comme un phénomène de mode. Deux syllabes censées évoquer un style libre Libre mais pas sans règles, rétorqueront en choeur ceux qui ne se considèrent pas comme des marginaux mais bien comme des artistes.
`Cette façon de vivre n'est pas propre au sport. Elle convient à la pratique de certains d'entre eux, mais pas à tous. Il doit s'agir de sports urbains, de sports pratiqués massivement´, explique Chico Kebsi, l'un des fondateurs, en 1989, d'un tournoi de streetball.
Comme le football, le basket-ball a le profil idéal à l'expression du freestyle. Né tant en Afrique qu'aux Etats-Unis, le mouvement n'en a cependant pas toujours porté le nom.
`On donne une appellation aux choses pour pouvoir les définir mais le freestyle existe depuis longtemps. En musique, il a même toujours existé´, poursuit Kebsi. `Comme tout ce qui suscite la curiosité et qui comporte des éléments inhabituels, le freestyle est, donc, devenu un vrai phénomène de société. Dont les plus grands veulent s'accaparer la primeur.´ Certes, mais, c'est bel et bien les plus petits qui sont visés ce coup-ci.

La créativité avant tout

Basé sur le mélange entre la musique et la technique, le freestyle met surtout en avant les facultés créatrices de chacun. Des facultés parfois mises à l'ombre au profit de la rigueur tactique dans ce que l'on peut appeler le basket professionnel.
`On ne peut comparer les deux disciplines car elles n'ont pas grand-chose en commun´, poursuit Chico Kebsi. `Certains mômes de la rue sont capables de faire avec un ballon ce que des professionnels des parquets ne peuvent accomplir. En revanche, les premiers n'ont bien souvent pas les fondamentaux indispensables pour pratiquer le basket dit traditionnel. Vraiment, chacune d'entre elles a ses spécificités et ses propres valeurs´ Qui, dans la rue, ont pour noms liberté d'action et créativité. `Mais aussi respect de l'autre´, enchaîne Chico Kebsi. `Les gens d'horizons divers, à la culture différente, s'y croisent. C'est pourquoi, c'est pour eux, une excellente école de la vie.´
Une école de la vie que d'aucuns regardent d'un oeil lointain, considérant le freestyle comme une pratique quelque peu marginale. `Ce n'est plus le cas car ses valeurs correspondent de plus en plus à celles des jeunes d'aujourd'hui. Alors, tout le monde tente de s'y coller.´
Tout le monde, c'est-à-dire également les basketteurs de rue belges qui, depuis, plus de deux lustres peuvent s'adonner à leur discipline favorite. Des basketteurs qui, comme Darius Miles, n'ont qu'un souci en tête: se faire plaisir en recherchant le spectacle.