James Harden, Trae Young ou encore Luka Doncic… La liste est longue pour les joueurs qui usent et abusent des lancers francs. Passés maîtres dans l’art d’agiter les bras, les attaquants ne cessent de se montrer inventif. L’une de leurs armes les plus efficaces : passer le défenseur, stopper net sa course, créer le contact et tirer. Une sorte de stop-and-go nouvelle génération qui joue sur le changement de rythme et qui, lorsqu’il est maîtrisé, prend systématiquement l’adversaire par surprise et envoie son utilisateur sur la ligne des lancers.

Lassés de voir leurs joueurs se faire piéger, les entraîneurs ont pris les devants et se sont plaints auprès de la ligue. Et, selon ESPN, ils auraient été entendus. Le média américain rapporte que la commission de la ligue, chargée d’établir les règles, s’est réunie lundi pour trouver des moyens de limiter l’utilisation de certains mouvements et sanctionner les joueurs qui cherchent le contact après avoir tiré. La commission pourrait donc proposer une liste des gestes à proscrire, liste qui devra encore être validée par les propriétaires des franchises pour que la règle puisse entrer en vigueur l’an prochain.

Fluidifier le jeu

Beaucoup de joueurs ont été montrés du doigt pour leur recours abusif aux contacts. Lorsqu’il évoluait chez les Rockets, James Harden pouvait se montrer particulièrement adroit dans l’exercice. Aujourd’hui, d’autres ont pris le relais, Trae Young en tête, et pas question de s’arrêter. Dans un entretien accordé à The Athletic en janvier dernier, le meneur des Hawks déclarait : "C’est quelque chose que j’ai appris avec le temps et de l’instinct. Parfois, le défenseur me rentre dedans. Je le sens et je me bloque".

Le problème, c’est que les attaquants bénéficient aujourd’hui d’une certaine largesse dans leur approche du panier. Pour la NBA, la mise en place de cette nouvelle règle est donc l’occasion de faire d’une pierre deux coups. D’une part, les coups de sifflet diminueraient de manière drastique. Et d’autre part, le jeu gagnerait en fluidité.

Questions en suspens

Sans aller jusqu’à organiser un retour de la défense rugueuse telle qu’on pouvait la connaître dans les années 1990, la ligue américaine compte visiblement rééquilibrer les forces entre les deux côtés du terrain. Jusqu’ici, parce que plus visuelle et spectaculaire, l’attaque semblait prendre le pas sur la défense. Le jeu offensif bénéficiant d’une liberté peu commune et régulièrement critiquée.

Mais rien n’est fait et plusieurs points restent toutefois à définir, notamment dans la question de l’interprétation. La NBA doit encore travailler en interne pour déterminer quel degré de flexibilité accorder aux arbitres, sous peine de se montrer trop dirigiste ou trop laxiste vis-à-vis du règlement actuel. Une chose est sûre toutefois : si la règle est validée pour la saison prochaine, certains joueurs devront sérieusement revoir leur palette de mouvements…