Le Danois (15 points) et Josh Bostic (19) ont été les meilleurs marqueurs côté carolo.

Intronisé dans le cinq de base, hésitant dans ses premiers dribbles et en passe de rythme, Rasmus Larsen est monté dans les tours au fur et à mesure d’une rencontre magistralement dominée par le Spirou.

Au final, le jeune Danois de 2,12m rend une copie très satisfaisante pour ses grands débuts : 15 points, 3 rebonds et 2 fautes provoquées en 17 minutes de jeu. "Je suis Rasmus depuis les Championnats européens U16. Il voulait alors absolument signer en Espagne, ce qu’il a fait en optant pour Manresa. Il a été blessé, son club a connu des problèmes d’argent et j’ai continué à avoir des contacts avec lui. Un jour, il m’a envoyé un e-mail en disant : ‘Votre club croit en moi, je le sais’ et l’affaire a pu se réaliser." Jacques Stas, qui a qualifié Rasmus Larsen de top of prospectpour le Spirou Charleroi, est heureux des débuts de la pépite hennuyère. "Il doit travailler et retrouver du rythme, c’est sûr. Je rappelle qu’il sort de huit mois de blessure. J’espère qu’il ne se blessera plus…"

Remis en selle après le repos par un excellent 5/9 aux trois points, Limburg United a eu le tort de forcer dans cette voie. Alors que le match était loin d’être terminé (58-67, 32e), les Limbourgeois ont continué d’arroser, ne récoltant au passage qu’un maigre 1/8. Pendant que les hommes de Lynch ne marqueront plus que quatre paniers de plein jeu, Charleroi et le duo Enobakhare-Francis continueront à faire le ménage en dessous, libérant et créant de l’espace pour les shooteurs Bostic et Larsen. Après 60-76 (36e), le Spirou confortera sa domination et l’écart ne changera plus. "Sans agressivité, mon équipe se met dans les problèmes. Je pense qu’en matière d’intensité, on a pris une leçon ce soir. À nous de nous remettre en question pour rester concerné par le Top 6…" a encore prévenu le coach Lynch.


Hertay : "Je pensais que c’était cuit !" (Liège 79 78 Pepinster)

S’il n’a, comme souvent, pas atteint des sommets en matière de qualité, ce derby liégeois a néanmoins répondu aux attentes du nombreux public qui avait retrouvé le chemin du Country Hall après une pause calendrier de près de six semaines! Bien sûr le résultat aussi serré que défavorable aux Pepins causait-il quelques prises de positions tranchées à la buvette. S’il regrettait certaines décisions de nature à orienter la partie (telle la faute offensive sifflée à Whit Holcomb en toute fin de partie), Thibaut Petit, le coach pepin, n’en restait pas moins, comme à son habitude, d’une correction parfaite : "L’arbitrage m’a parfois semblé surprenant dans le dernier quart-temps, mais on ne perd pas à cause de cela."

De son côté, Fulvio Bastianini nuançait : "L’arbitrage n’a sans doute pas été bon ce soir, avantageant l’un ou l’autre camp à différents moments de la partie, mais au final, je pense que cette influence s’est équilibrée."

Sauf sans doute au niveau du décompte des fautes (30 à 21) et des lancers-francs accordés (34 contre 14).

"Au bout du compte, ce qu’il faut retenir, ce sont les erreurs. Les erreurs de gestion de chacun. J’espère qu’on va apprendre de cela", reprenait le coach liégeois avant de stigmatiser : "On a sans doute eu plus de lancers-francs en notre faveur, mais on n’en met que 20 sur 34."

Pour autant, le coach de l’année en titre ne boudait pas un certain plaisir : "Même si on a eu chaud, ce match on l’a gagné alors qu’il n’y a pas longtemps encore, on l’aurait perdu. Il suffit de se rappeler nos défaites dans les mêmes circonstances face à Alost et à Limburg. Au final, on peut estimer que cela compense d’une certaine manière; et de cela, il convient de se réjouir mais aussi de tirer les conclusions. On doit encore grandir, encore apprendre. À voir comment tuer un match par exemple, ce que nous semblons ne pas encore savoir faire."

À l’image de son entraîneur, Yoann Hertay, un des très bons acteurs de ce sommet régional, ne cachait pas son soulagement au micro de nos confrères de la radio. "On s’est vraiment fait peur. On avait bien entamé la partie et puis nous avons manqué de constance dans les 2e et 3e quarts-temps. De quoi permettre à Pepinster de revenir dans la partie. Je ne pensais pas que cela pouvait tourner aussi mal mais quand ils sont passés devant en toute fin de match, j’ai bien cru que c’était cuit ! Heureusement qu’ils n’ont pas su profiter de nos ratés, notamment aux lancers-francs, et qu’ils ont même connu deux-trois pertes de balle", soulignait l’excellent meneur liégeois.


Un match parfait pour un exploit Ostende 86 91 Mons

Pour avoir une chance de s’imposer à Ostende, il faut jouer le match parfait et ne pas avoir peur de prendre des risques. Avec Love sur le banc, remplacé dans le cinqpar Skeen, Yves Defraigne avait décidé de chambouler ses habitudes pour perturber les Ostendais.

Appliqués en attaque et sérieux en défense, les Renards réussissaient tout ce qu’ils entreprenaient (7-11 à la 5e). Piqué au vif par ce passage sur le banc, Love montait sur le parquet avec les crocs. Il imposait sa puissance dans la raquette pour donner l’avance aux visiteurs (18-19 à la 10e). Mais alors que les Montois s’envolaient (22-31 à la 13e), la belle mécanique s’enrayait. Les petits (Bosco et Battle) monopolisaient le cuir et la belle circulation de balle passait aux oubliettes.

Comme un symbole, c’est un certain Guy Muya qui sonnait la révolte du BCO. Pénétrations et trois points, l’ancien Montois se rappelait à ses bons souvenirs pour remettre les Côtiers dans le match (32-33 à la 16e). Sentant le vent tourner, Battle sortait de sa boîte pour s’enflammer. Le meneur de poche allumait au périmètre et inscrivait 12 points en trois minutes ! (41-45 à la pause).

Au retour des vestiaires, l’ambiance et l’intensité montaient d’un cran. Si Ostende plantait un 8-0 (49-45) pour reprendre les devants, ce troisième quart fut un véritable chassé-croisé. Les deux équipes se rendaient coup pour coup (54-57), mais si les Renards restaient devant d’une courte tête (62-63), les fautes risquaient de peser lourd dans la balance. Avec cinq joueurs à trois fautes (Smith, Love, Cage, Gorgemans et Nichols) au moment d’entamer les dix dernières minutes, les Montois devaient jouer juste. Un message reçu 5/5 par Lasisi. Intenable, l’ailier montois allumait à distance et distillait les passes décisives tel un maestro (68-70 et 70-79 à la 36e).

Largués, les Ostendais s’en remettaient à leur général Djordjevic pour un rush final (84-85 à la 38e). Mais les Montois ne craquaient pas sur la ligne des lancers pour infliger au BCO sa première défaite à la maison depuis… mai 2013 ! (86-91).

Ostende : 25 sur 50 (6x3); 30 lf sur 37; 30 rbs; 13 ass; 23 fp.

Berggren 2-0, SERRON 0-6, Marelja 2-0, Muya 12-0, Marnegrave 4-3, WILKINSON 0-9, Gillet (-), Salumu 0-0, PONITKA 2-4, BOUKICHOU 7-7, DJORDJEVIC 10-14, Prince 2-2.

Mons : 31 sur 58 (12x3); 17 lf sur 23; 23 rbs; 9 ass; 29 fp.

Bosco 4-0, SMITH 6-6, Mortant (-), Love 10-9, CAGE 2-0, Gaudy (-), Houdart (-), SKEEN 6-5, BATTLE 14-8, Gorgemans 0-2, NICHOLS 1-7, Lasisi 2-9.

Arbitres : MM. Krehic, Demuynck et Neeskens.