Ce duel entre le Spirou et Alost était crucial: avec le même bilan de quatre victoires pour six défaites avant le match de mercredi soir, le perdant pouvait déjà presque dire adieu au Top 5. Et sur le parquet, on a senti qu'une équipe avait visiblement plus envie de gagner que l'autre. Cette équipe, c'était le Spirou. Après un non-match face à Malines, Sam Rotsaert a su trouver les bons mots pour remotiver ses troupes et aller chercher une victoire cruciale et indispensable (74-70) avec une agressivité défensive retrouvée et quelques jeunes (Marlon Makwa et Milan Samardzic pour ne citer qu'eux) totalement décomplexés. "On fait toujours beaucoup de rotation et aujourd'hui, Marlon a fait un bon boulot. Il travaille très dur et il a mérité sa chance de jouer. Ce qui était intéressant également, c'est qu'on a vu des joueurs concentrés sur le banc et qui ont apporté quelque chose à l'équipe", se réjouit l'entraîneur sambrien.

Tout n'a pas été parfait, bien évidemment, et Sam Rotsaert n'est pas du genre à se reposer sur ses lauriers, lui qui cherche la perfection, un peu à l'image de son mentor, Dario Gjergja. "Je ne suis pas content des 17 rebonds offensifs qu'on a concédés ni de notre défense en début de deuxième mi-temps. Il y a encore beaucoup d'erreurs à corriger. On doit continuer de travailler et ne pas s'arrêter sur cette rencontre même si c'est bon pour les gars d'avoir gagné."

De l'autre côté, dans le camp alostois, l'ambiance était bien différente et pour Yves Defraigne, le coach des Okapis, certains chiffres ne mentent pas. "Le Spirou mérite sa victoire. On ne joue pas bien et c'est le cas depuis un certain temps. Il suffit de voir les statistiques pour comprendre: 3/17 à 3 points et 54% de réussite aux lancers francs. Avec des pourcentages pareils, ce n'est pas possible de gagner."

Mais au-delà de ces pourcentages catastrophiques, ce qui gêne le plus le coach alostois, c'est la mentalité affichée par ses joueurs. Et cette trêve hivernale devrait être mise à profit pour effectuer quelques changements. "Je ne suis pas du genre à abandonner mais il faut être réaliser. Il faut qu'on trouve une équipe avec des gars qui veulent travailler. Ici, il faut constamment être derrière les joueurs pour les pousser. Je pense qu'on va essayer de corriger ça pendant la trêve. Le club Med, c'est terminé. Les joueurs doivent être conscients que ce n'est pas comme ça qu'on joue quand on est dans un club comme Alost."

Contrairement aux Carolos où la jeunesse se donne à 200% sur le parquet, dans les rangs alostois, on se repose un peu trop sur son talent... sans les résultats. "J'ai quelques gars qui ne travaillent pas dur à l'entraînement. Et quand ce sont des joueurs d'impact, c'est difficile de rivaliser avec des équipes comme Charleroi où tout le monde est motivé, ambitieux et agressif sur le terrain, conclut Yves Defraigne, conscient que le Top 5 risque d'être compliqué à aller chercher, surtout quand on sait qu'Alost doit encore se déplacer à Louvain, à Anvers et à Mons.

Côté carolo, après la désillusion malinoise, on a repris espoir au Top 5 grâce à ce succès. Certes, la route est encore longue mais au moins, elle n'est pas barrée.