La crise sanitaire commence à devenir longue et pour les clubs de basket, la situation devient de plus en plus préoccupante. Si certains se serrent la ceinture pour terminer la saison, d'autres n'ont plus le temps d'attendre. Et comme la Culture a ouvert la boîte de Pandore la semaine dernière en faisant en sorte que le Gouvernement fasse marche arrière sur leurs décisions, d'autres secteurs vont peut-être s'engouffrer dans la brèche.

Est-ce l'effet escompté? Certainement pas mais du côté du Spirou de Charleroi, on a décidé de prendre le taureau par les cornes. Il y a quelques semaines, le club a écrit à la ministre des Sports, Valérie Glatigny, afin d'obtenir quelques éclaircissements sur cette situation, et ce huis clos, qu'il ne comprend pas, surtout en regard de l'assouplissement décroché par le secteur de la Culture. Mais pour la Ministre, les deux secteurs ne sont pas vraiment comparables. "Selon les informations qui m’ont été communiquées, cette distinction se fonde sur l’impossibilité de maintenir les règles sanitaires auprès d’un public réagissant, naturellement, avec émotion, au déroulement d’un match et/ou d’une compétition, explique-t-elle dans sa réponse. La position du Commissaire CORONA impliquait, inévitablement, de devoir reconnaître cette spécificité du sport (il en va de même pour la présence du public dans les fosses lors d’un concert, par exemple). Lors d’événements intérieurs avec des activités émouvantes (…), il est difficile de maintenir la distanciation sociale et le port du masque."

Une réponse qui n'a pas vraiment convaincu les dirigeants du Spirou qui, eux, ont décidé de prendre une position plus radicale: si rien ne change, les supporters seront les bienvenus lors du prochain match à domicile qui est prévu le 29 janvier face au Brussels. "Si une réunion est prévue ce jeudi au COMEX de la League pour faire le point et adopter une position commune à défendre à nouveau, le Spirou Basket ne peut plus attendre et souhaite s'offrir des perspectives, explique le club au travers d'un communiqué de presse. Le nouveau calendrier nous donne un premier rendez-vous au Dôme le 29 janvier contre le Phoenix Brussels. Si aucun éclaircissement n'est apporté d'ici là (entendez une jauge raisonnable, un cadre pour se positionner), nous ouvrirons tout de même notre salle à nos abonnés et nos supporters sous des consignes strictes: CST, masque obligatoire et distanciations sociales dans les tribunes et espaces. Nous estimons que ces mesures liées à l'excellent comportement de nos supporters ainsi qu'à l'étendue de nos espaces permettront de nous faire vivre à nouveau en toute sécurité."

Le Spirou aura-t-il le même impact que le monde de la Culture? L'avenir nous le dira mais cette position claire pourrait également inspirer d'autres clubs à rejoindre le "mouvement" pour permettre aux supporters de regagner, petit à petit, et en toute sécurité, les salles de basket qui sonne tristement vides depuis quelques semaines.