Liège et le Brussels, deux destins croisés, deux tendances divergentes.

Liégeois d’origine (il débuta à Ste-Walburge), Bruxellois d’adoption, personne n’est sans doute plus qualifié que Guy Muya pour comparer les deux protagonistes de la rencontre qui oppose ce mercredi soir le Brussels (3e) à la lanterne rouge. Car s’il est désormais le capitaine du vaisseau amiral du basket bruxellois, Muya porta aussi - à deux périodes différentes - le maillot principautaire. À ce titre, il est bien placé pour comparer de l’intérieur deux clubs dont l’actualité de cette saison tend à démontrer qu’ils sont désormais sur des dynamiques propres totalement divergentes.

"C’est vrai que c’est un véritable bonheur de faire partie d’un club en plein boom. C’est excitant, on sent cette dynamique du succès, cette progression constante dans tous les domaines, que ce soit sur le terrain - voyez comme on a franchi un cap au niveau de notre jeu défensif - ou en dehors avec l’exemple du Wilink Game, une grosse organisation totalement maîtrisée", s’extasie Muya.

Sans pour autant dénigrer ses anciennes couleurs : "Liège n’a rien à envier à personne au niveau organisation. C’est depuis toujours un club très bien géré et structuré. Jusqu’à l’époque de mon second passage au Country Hall, il n’y avait aucun souci financier. C’est à ce moment qu’il a fallu commencer à resserrer les boulons après quelques largesses, ce que Laurent Costantiello fait avec beaucoup de maitrise et de persévérance."

Mais, avec des moyens désormais limités, on tombe dans une autre catégorie dans laquelle on est de suite à la merci d’un mauvais choix. "Tout à fait, en plus on ne peut plus construire sur du long terme puisque les meilleures pioches s’envolent après une saison. C’est une force au Brussels, d’avoir désormais un budget suffisant que pour fidéliser des joueurs et construire, progresser ensemble sur le moyen terme avec des joueurs sous contrat pour plus d’une saison."

Reste à savoir ce qu’amènera la porte tout juste ouverte par Liège d’un retour au semi-professionnalisme pour certain joueurs belges. "Chacun fait avec ses moyens et il ne m’appartient pas de commenter leurs décisions. Le seul juge, ce sont les résultats. Ceci dit, c’est désormais une option inimaginable au Brussels où, sous l’impulsion de Serge Crevecoeur, la quête du professionnalisme le plus pointu est de mise et ce, en permanence et à tous les niveaux."

Muya : "Ça va être compliqué..."

Incertain pour la rencontre de ce mercredi en raison de soucis à une cheville (il n’a pu s’entraîner cette semaine mais pourrait être en équipement sur le banc, voire rentrer au jeu si nécessaire), Guy Muya s’attend à un match difficile : "Ça va être compliqué comme match. Liège a une équipe qui tient la route quoi qu’on en dise. Ils sont capables de prendre feu et de mettre la balle dedans. Il suffit de se souvenir qu’ils nous avaient battus lors de notre première visite voici 4 mois. En plus, une formation qui change de coach est toujours plus difficile à manier. Voyez leur prestation à Mons. Non, vraiment, cela va être compliqué !" Les Principautaires s’aligneront au complet et comptent bien reconquérir un public largement déçu par la manière, voici huit jours, lors de cette précédente sortie qui avait précipité la rupture avec Thibaut Petit.