Niels Marnegrave retrouve ce vendredi soir son mentor, lui qui est passé d’Ostende au Spirou cet été.

Si elle n’est pas aussi exacerbée qu’entre Anderlecht et le Standard en football, la rivalité entre Ostende et Charleroi est toujours bien présente. Un Clasico, ce n’est pas un match comme les autres et c’est encore plus vrai pour un joueur qui passe d’un club à l’autre.

Si, par le passé, d’autres l’avaient déjà fait à l’image de Christophe Beghin, Niels Marnegrave a tenté ce pari cet été. Après trois saisons couronnées de succès sous les ordres de Dario Gjergja, le meneur liégeois a décidé de prendre un autre cap. Mais, comme il l’explique, "je n’ai pas eu le choix. J’ai passé trois années superbes à Ostende avec des titres, des Coupes de Belgique, des matches d’ EuroLeague et d’ Eurocup, mais il me fallait un nouveau défi."

Parti au Spiroudome, Niels aura l’occasion ce vendredi soir de prouver qu’il ne s’est pas trompé. Mais affronter un club qui nous a fait grandir, c’est toujours particulier même si sur le terrain, il n’y a pas de place pour les sentiments.

"Je vais essayer de penser qu’il s’agit d’un match comme les autres même si je sais au fond de moi que ce n’est pas le cas. Je n’aurai pas la même sensation que quand j’affronte Anvers par exemple. Maintenant, je n’espère qu’une seule chose : la victoire. Non pas car c’est Ostende, mais parce qu’on en a besoin."

Pour Niels, Ostende restera néanmoins à jamais un club à part. Un club qui lui a permis de devenir celui qu’il est actuellement : un meneur organisateur qui a fait ses gammes derrière un certain Dusan Djordjevic, multiple MVP du championnat.

"J’ai beaucoup appris à ses côtés. Il a toujours été là et c’est le meilleur coéquipier avec lequel j’ai joué", confie le meneur des Spirou.

Pourtant sur le même poste, pendant trois ans, il n’y a jamais eu la moindre rivalité entre eux.

"À aucun moment, on ne s’est disputé. Quand il jouait moins bien et que je jouais plus que lui, du banc, il m’encourageait. Son objectif était simple : gagner."

S’en est suivie une belle relation entre les deux hommes qui a permis à Niels de progresser au calme et de manière régulière.

"C’était un vrai plaisir d’évoluer avec lui et on a à peu près le même style de jeu. Avant de vouloir marquer, on regarde ce qu’on peut faire pour aider notre équipe. Dusan n’était pas un grand parleur mais à chaque fois qu’il me donnait un conseil, c’était précis et judicieux", conclut Niels Marnegrave qui aura à cœur de montrer à son mentor qu’il a réussi à prendre le meilleur de son enseignement.

L’élève dépassera-t-il le maître ? Réponse ce vendredi soir au Spiroudome dans un Clasico qui s’annonce, comme à son habitude, chaud !

"À l’entraînement, on ne rigole plus !"

Avec quatre défaites qui viennent de s’enchaîner tant en Coupe d’Europe (2) qu’en championnat (2), le début de saison des Spirou est plus que compliqué. Minés par les blessures (Tumba, Iarochevitch et maintenant Schwartz), les Carolos ne travaillent pas dans la joie et la bonne humeur.

"On ne va pas se mentir : l’ambiance, ce n’est pas évident pour le moment", reconnaît Niels Marnegrave. "Quand on a autant de défaites de suite, on ne vient pas à l’entraînement en rigolant. L’atmosphère est loin d’être idéale !"

Et pour sortir de cette spirale négative, le meneur carolo, comme son équipe d’ailleurs, sait qu’il n’y a pas 36 solutions.

"Comme le dit le coach : il faut garder la tête haute et continuer de travailler. Si on baisse la tête et qu’on se dit que ça ne va pas aller, c’est certain que ça n’ira pas mieux. On doit continuer de travailler encore plus dur et la pièce va bien finir par tomber de notre côté. Certains matches se sont joués sur des détails et on ne serait pas dans cette spirale négative si on s’était imposé contre le Brussels et Alost par exemple. Maintenant, il est important de rester positif et de ne rien lâcher."

C’est certain : une victoire dans le Clasico face à Ostende ferait un bien fou aux Spirou. Pour y arriver, Fulvio Bastianini compte sur le leadership de Niels à la distribution, une situation nouvelle mais qui n’impressionne guère le Liégeois.

"Je n’ai pas de pression particulière du fait d’être passé premier meneur. Quand j’étais à Ostende, j’avais le même rôle sauf que je sortais du banc. Avec Alex (Libert), on doit avoir ce rôle de leader sur le terrain, mais ce n’est pas neuf. Depuis que je joue au basket, ça a toujours été le cas", conclut Niels Marnegrave.