S’il y a une chose que l’on ne peut pas retirer à Joel Embiid, c’est qu’il tient parole. L’an dernier, après un exercice moyen qui s’est finalement soldé par un coup de balai dès le premier tour des playoffs, face à Boston, le pivot de Philadelphie promettait de revenir plus fort. Un an plus tard, force est de constater qu’il a tenu parole. Malgré tout, sa saison est à l’image de celle de son équipe : frustrante.

Des hauts et débat

Joel Embiid est, sans aucun doute possible, le meilleur joueur de Philadelphie, n’en déplaise aux fans de Ben Simmons. Certes, avec 28 pts, 10 reb et presque 3 ast par match, son rendement est en baisse par rapport à la saison 2018-2019, son année référence (27 pts, 13 reb, 3,7 ass). Mais lorsque l’on s’intéresse de près à son année, deux choses nous sautent aux yeux. La première, c’est que le natif de Yaoundé joue deux minutes de moins qu’il y a deux ans. La deuxième, la plus importante, c’est qu’il marque plus en étant plus efficace. Plus de 37 % à 3-pts et 85 % aux lancers francs. Des pourcentages remarquables pour un poste 5, faut-il le rappeler, de 2,16 mètres.

Ses prestations, dignes d’un MVP qui lui échappe, lui ont permis de hisser ses 76ers à la première place de la conférence. En playoffs, Embiid confirme que la scène de l’Est lui appartient et met rapidement les Wizards (Washington) dans la panade. Le problème c’est que Jojo a beau y mettre toute sa volonté, son corps persiste à lui mettre des bâtons dans les roues. Touché au genou lors de la troisième manche face à Washington, le Camerounais est laissé au repos pour le reste de la série et joue blessé contre les Hawks (Atlanta). En définitive, une blessure synonyme de fin de saison pour Philadelphie. Reste à savoir qui d’Embiid ou des 76ers est le plus frustré…

Progression ou stagnation ?

Le pivot de Philadelphie l’a prouvé, il est aujourd’hui dans son prime. Autrement dit, les saisons à venir seront ses meilleures. Dans le jeu comme dans son attitude. Responsabilisé en attaque depuis l’arrivée de Doc Rivers, le pivot a considérablement amélioré sa gestion des prises à deux et se comporte désormais en véritable patron sur le terrain. Plus vocal, Embiid est aussi plus mûr. Bien que frustré de voir le titre de MVP lui glisser des mains au profit de Nikola Jokic, le géant camerounais ne fait plus du trophée individuel une obsession. Le regard étant désormais fixé sur la bague.

Deux obstacles se dressent néanmoins sur sa route : son corps, comme depuis toujours, et…la Embiid dépendance de Philadelphie. Face aux Wizards, les 76ers ont prouvé qu’ils pouvaient gagner sans leur homme fort. Toutefois, Washington n’est pas tout à fait au sommet de son jeu ces dernières années. Et les hommes de Doc Rivers s’en sont, en effet, beaucoup moins bien sortis face à Atlanta. Avec un Embiid diminué, il aurait fallu un Ben Simmons capable d’assumer son rôle. Ce qui ne fut pas le cas, l’Australien se refusant même à prendre le moindre tir dans les quatrièmes quart-temps. Agacé, Jojo se permettra même une petite pique envers son coéquipier après le match 7 : "Je vais être honnête. Pour moi, le tournant du match c’est le moment où on a laissé passer un dunk ouvert".

Avec encore 21 matchs ratés cette saison, le pivot a plus que jamais besoin de lieutenants fiables, capables de hausser leur niveau de jeu quand lui-même est moins bien. Car, a priori, c’est à Philadelphie que s’écrit l’avenir de Joel Embiid. Malgré son historique médical, le joueur s’avère bien trop précieux pour être transféré et sa franchise devrait, sauf accident, lui proposer une prolongation de quatre ans au super max. À voir ce que compte faire la direction du reste de l’effectif…