Il aura fallu un Kevin Huerter de gala et un Ben Simmons en galère lors du dernier match décisif, mais les Hawks y sont parvenus. Atlanta a rejoint officiellement Milwaukee pour ses deuxièmes finales de conférence en 50 ans. Le tout, après s’être débarrassé de Philadelphie, la tête de série numéro 1 à l’est. Hawks comme Bucks, on ne les pensait pas capable d’atteindre un tel niveau. Pas cette année, pas face à de tels Sixers et Nets. Et pourtant…

Au jeu des surprises, ce sont les Hawks qui l’emportent. Dans ses rangs, Milwaukee dispose d’un leader double MVP et du défenseur de l’année 2020 en la personne de Giannis Antetokounmpo, de deux lieutenants all-star avec Kris Middleton et Jrue Holiday, et plus généralement d’un effectif taillé pour jouer le titre (3e à l’est). De son côté, Atlanta fait figure d’outsider à chaque nouveau palier. Emmenés par un Trae Young en mode patron pour ses premiers playoffs (29 pts et 10 ast de moyenne), les Hawks ont d’abord écrasé les Knicks au premier tour avant de se payer le scalp des Sixers en demi-finales. Comme en 2015, Atlanta se hisse en finale de conférence avec un effectif de qualité, mais sans nom ronflant, un coaching avisé et un très gros mental.

De nulle part

Sept ans après s’être fait balayer par le Cleveland de LeBron James, futur champion, les Hawks se retrouvent donc à nouveau aux portes des finales NBA. Mais c’est ici que la comparaison s’arrête entre les deux saisons. Contrairement à 2015, Atlanta n’a pas fini premier de sa conférence. Leur présence en playoffs était même loin d’être assurée. Pour être exact, les Hawks ne sont que la troisième équipe, depuis 1984, à atteindre ce stade de la compétition tout en ayant affiché un bilan négatif (16-20) au All-Star break. Les deux autres étant les Celtics (2012) et les Suns (1984). Alors que s’est-il passé depuis février ? Atlanta a remercié son coach.

Malgré un gros recrutement pendant l’intersaison (Bogdan Bogdanovic, Danilo Gallinari…) la franchise de Georgie connaît un démarrage plus que poussif et, le 1er mars, la direction se sépare de son entraîneur, Lloyd Pierce. Son assistant, Nate McMillan, devient l’entraîneur intérimaire et l’aventure pourrait bien se prolonger, peu importe l’issue de cette saison. Sous la houlette de l’ancien coach d’Indiana, les Hawks vont chercher 27 victoires sur les 38 matchs restants.

Avec un bilan final de 41 victoires et 31 défaites, Atlanta arrache la cinquième place à l’est et débarque à pleine vitesse dans ces playoffs. "Nous avons essayé de construire une culture de la gagne et de produire un basket qui nous donne des possibilités de gagner des matchs tout en respectant le jeu", explique Nate McMillan au micro d’ESPN. "On joue collectif, on croit en chacun de nous et on donne tout chaque soir."

Trust The Process

Avec les drafts de John Collins (2017), Trae Young et Kevin Huerter (2018), la direction d’Atlanta prouve qu’une reconstruction en quelques années est tout à fait envisageable. Après trois saisons de galère entre 2017 et 2020, un piteux bilan de 73 victoires pour 158 défaites et aucune campagne de playoffs, les Hawks récoltent désormais les fruits de leur travail. "Cette saison, notre état d’esprit a changé. Le 'Process' est terminé, maintenant on espère que cette saison n’est que le commencement", expliquait Kevin Huerter à ESPN, après sa belle performance (27 pts) lors du match décisif en demi-finale de conférence.

Un recrutement malin et des choix de draft ciblés pour construire un effectif de qualité, un entraîneur capable de souder le groupe vers un objectif commun. La recette est à première vue des plus simples. Les Hawks ont désormais rendez-vous avec l’histoire. Leurs dernières finales NBA remontent à 1961, alors que la Franchise était encore localisée à Saint-Louis. Un défi d’envergure pour ces jeunes faucons…