Finalement, les Cats ne seront pas les seules à représenter le basket belge lors de prochains Jeux Olympiques. Non, à la surprise générale et de manière plutôt inattendue, mais méritée, l'équipe belge de 3x3 a décroché son ticket pour Tokyo cet été. L'équipe, composée de Nick Celis, Thierry Marien, Rafael Bogaerts et Thibaut Vervoort s'est imposée ce dimanche en finale du dernier tournoi qualificatif pour les Jeux Olympiques, à Debrecen, en venant à bout de la Hongrie.

Une belle histoire pour cette équipe qui est partie de nulle part pour finalement arriver aux JO. "On a commencé en 2012 avec Thierry (Marien), dans des tournois locaux" , se souvient Nick Celis. L'équipe a également participé à différentes compétitions européennes, en 2014 et en 2015. Et en 2019, celui qui a terminé la saison avec Malines en D1 est revenu à ses premiers amours. "On est devenu plus professionnel et on a tourné dans le monde."

Une "tournée" qui leur a permis de gravir les échelons, petit à petit, pour arriver au Graal: les JO. "C'est un sentiment incroyable d'autant qu'on y est arrivé par nous-même. C'est énorme et aujourd'hui, notre niveau est plutôt bon. Je pense qu'on nous reconnaît et qu'on nous respecte à présent."

Et du respect, les quatre mousquetaires en ont gagné la semaine dernière, tout d'abord en venant à bout de la Mongolie, grâce à un panier au buzzer de Rafael Bogaerts pour offrir la victoire à la Belgique. "On aurait dû les battre plus facilement mais il y a eu un peu de stress , avoue Nick Celis. Il y a eu un petit moment de doute quand ils sont repassés devant mais Rafael a mis ce trois points pour nous donner la victoire et éviter la prolongation. C'était incroyable." Et c'est gonflé à bloc que l'équipe a abordé sa finale dimanche soir. "Quand j'ai vu qu'on affrontait la Hongrie en finale, j'ai remarqué qu'on était deux équipes très fatiguées mais je me suis dit qu'on avait nos chances car physiquement, je pense qu'on était au-dessus." Et Nick Celis ne s'est pas trompé puisqu'à la fin du compte, c'est bien la Belgique qui décroche le dernier ticket pour les JO de Tokyo grâce à sa victoire logique et méritée en finale, face au pays hôte, la Hongrie, avant même la fin du temps réglementaire (21-14).

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Une équipe d'amis

Ce qui fait la force de cette équipe belge de 3x3, c'est le fait que tout le monde tire dans le même sens et qu'en dehors du terrain, l'entente est aussi bonne que sur le demi-terrain. "Avec Thierry (Marien), on a joué plusieurs saisons ensemble en D2 et on a même été champion. On a vraiment une très bonne relation , continue Nick Celis. Rafael (Bogaerts), je l'ai connu quand il évoluait chez les jeunes à Anvers. Enfin, c'est un bon ami de Thibaut (Vervoort) et ils ont joué ensemble à Louvain. Ensuite, Thibaut a évolué à Oxaco avec moi. C'est d'ailleurs là que je l'ai convaincu de rejoindre l'équipe car je trouvais qu'il était parfait pour le 3x3. Il est fort tactiquement et dispose d'un bon shoot. Au final, on a beaucoup d'expérience ensemble et on se comprend parfaitement sur le terrain."

La qualification en poche, ce n'est pas pour autant que l'équipe va se dorer la pilule au soleil. Tous les week-ends, le groupe va continuer de se côtoyer avec des tournois en France, en Lituanie ou encore en Israël. "On va beaucoup jouer avec le Team Antwerp qui est fort semblable à l'équipe nationale et je pense que c'est parfait pour notre préparation."

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Aux JO avec de l'ambition


Participer aux Jeux Olympiques, pour tout sportif, c'est l'aboutissement d'un long cheminement. Chemin que Nick Celis espérait prendre... mais pas avec la Belgique. "Pour être honnête, je suis à moitié allemand et quand j'étais petit, j'avais bien conscience que participer aux JO en 5 contre 5 avec la Belgique, ce serait compliqué , sourit-il. Je pensais pouvoir le faire avec l'Allemagne si j'étais assez bon." Finalement, cela ne s'est pas réalisé et c'est bien avec la Belgique qu'il réalisera un rêve. "Le faire avec la Belgique, c'est vraiment cool. Jamais je n'y avais rêvé mais aujourd'hui, cela fait plus de dix ans que je fais du 3x3 et je pense que c'est une belle récompense."

La qualification pour les JO, c'est bien. Maintenant, place aux ambitions. Et là encore, les quatre mousquetaires peuvent voir grand. "Pour être honnête, personne n'avait prévu de vacances pour cette période car on ne s'y attendait pas. Il va falloir qu'on trouve du temps libre dans notre job et j'espère qu'on pourra trouver un terrain d'entente. Sinon, à Tokyo, la première partie du tournoi se déroule sous forme de groupe et les six meilleures équipes sont qualifiées pour le tour suivant à élimination directe. On doit arriver jusque-là car après, tout est possible. Si on s'impose, on se retrouve avec les quatre meilleures équipes et la médaille serait proche. Maintenant, cela va dépendre de pas mal de facteurs comme des équipes qu'on devra affronter et de la forme du moment. Mais on va d'abord viser le Top 6 et après, on verra ce qui se passera" , conclut Nick Celis.