La peur au ventre de se retrouver dos mur, les Sixers? Que nenni, c'est au contraire avec le mors au dent qu'ils ont été boucler leur série du 1er tour (4-2) au Canada, chassant l'ombre d'un doute qui planait sur leur capacité à finir le travail, après avoir mené 3-0 puis laissé Toronto revenir à 3-2.

Or à ce jour en NBA, jamais une équipe ayant remporté les trois premiers matches n'a ensuite perdu les quatre suivants.

Philly, en ne laissant pas Toronto égaliser à 3-3, s'est donc évité un match au couperet et ce potentiel écueil. De quoi rassurer Doc Rivers, apparu agacé ces dernières heures quand on est venu lui rappeler son passif en la matière, puisqu'il est le seul entraîneur à avoir vécu trois éliminations après avoir mené 3-1 dans des oppositions en play-offs.

La mobilisation a été collective et le basket de bonne facture, dans le sillage de Joel Embiid. L'homme fort des Sixers, qui souffre d'une déchirure ligamentaire depuis le match N.3 et était apparu diminué lors des deux suivants, a été de nouveau dominant à l'intérieur (33 pts, 10 rbds, 3 contres).

Le pivot camerounais a ajouté un bobo à sa liste, puisqu'il a pris un coup de coude involontaire au dessus de l'oeil droit par son compatriote Pascal Siakam (24 pts, 7 rbds, 7 passes, 3 interceptions), le Raptors le plus agressif sur le parquet. Une légère coupure sans trop de dommage apparent toutefois.

"CP3" à 100%

Autre motif de satisfaction pour les 76ers, la performance très solide de James Harden (22 pts, 15 passes) qui a entendu l'appel d'Embiid, l'enjoignant à jouer avec plus d'agressivité à l'issue du précédent match.

L'arrière Tyrese Maxey a lui aussi apporté sa conséquente contribution avec 25 points dans la musette (8 passes), l'adresse globale s'avérant remarquable (57,5%).

Tous ces ingrédients seront nécessaires à Philadelphie pour tenter de relever le défi de Miami, finaliste en 2020, guidée par Jimmy Butler.

Mission accomplie aussi pour Phoenix en Louisiane. La meilleure équipe de la saison régulière a eu le dernier mot en six matches (4-2) face aux Pelicans et c'est l'inévitable Chris Paul qui l'a prononcé.

Maître du money-time tout au long de la saison, pour faire basculer les matches en faveur des Suns quand ils étaient serrés, "CP3" a encore démontré son savoir-faire, inscrivant 10 de ses 33 points dans le 4e quart-temps, pour finir avec un impressionnant 100% aux tirs (14/14) et 8 passes.

Avant lui, aucun joueur n'avait jamais marqué autant de tirs sans en manquer en play-offs. Et c'est son shoot au milieu du trafic qui a redonné de l'oxygène aux Suns dans la dernière minute, après que Larry Nance Jr venait de rapprocher "NOLA" à trois unités.

Devin Booker de retour, après trois matches d'absence dus à une contracture à l'ischio-jambier droit, a lui eu du mal à trouver le bon rythme (13 pts, à 5/12). Mais ses coéquipiers ont été à la hauteur, l'adresse globale atteignant 60%.

Les Pelicans n'ont pas démérité, à l'image de Brandon Ingram (21 pts, 11 rbds), sans toutefois pouvoir faire fructifier leur avance de dix longueurs à la pause. De quoi faire verser une larme d'émotion à leur coach Willie Green, consolé après coup par son homologue Monty Williams, dont il était l'adjoint l'an passé.

Les Suns attendent désormais de connaître leur adversaire, qui sera Dallas ou Utah (3-2) opposés en soirée.