Résistants Raptors

"Ne jamais, jamais sous-estimer le coeur d'un champion", la maxime hurlée par l'ancien coach de Houston après le titre conservé en 1995, est encore loin d'être couronnée du même effet pour les Raptors, sacrés l'an passé. Mais la façon avec laquelle ils défendent leur peau impose le respect, à l'image du succès (125-122) encore obtenu de très haute lutte, après double prolongation, face à des Celtics tout aussi admirables d'abnégation.

Le second "over-time" fut à lui seul un condensé du match, avec des séquences de haute volée où les deux équipes se sont rendu coup pour coup, mais aussi des moments de flottement où la balle a ressemblé à une patate chaude provoquant des maladresses, également dues à la fatigue physique.

Ainsi, quand Boston enchaînait trois alley-oop avec son pivot Daniel Theis à la conclusion, Toronto répliquait avec des paniers derrière l'arc de Lowry (33 pts, 8 rbds, 6 passes) et Nick Powell (23 pts en sortie de banc, dont 10 dans les cinq dernières minutes).

Et quand Marcus Smart, auteur d'un grand match (23 pts, 11 rbds, 10 passes), pensait aussi faire mal à trois points pour mener 115-112, OG Anunoby inversait aussitôt le score à 118-117 de la même façon.

Au final ce sont quelques balles perdues qui ont coûté cher aux C's. Celle de Jayson Tatum, interceptée par Lowry à 41 secondes de la fin, a coûté cher, puisqu'elle a abouti à un panier des Raptors. Le talentueux ailier a pourtant réussi un très gros match (29 pts, 14 rbds, 9 passes).

"Il y a deux fortes équipes qui jouent dur... Nous devions l'emporter. L'emporter sinon nous rentrions chez nous. Nous l'avons fait. Il faudra être prêt pour le match N.73", a dit Lowry après-coup.

"C'était un combat, le match aurait pu tourner autrement, a estimé l'entraîneur des C's Brad Stevens. "Là il nous faut mettre de la glace sur nos jambes et nous préparer pour vendredi". Miami, qui a éliminé le favori Milwaukee (4-1), connaîtra alors enfin son adversaire.

Irrésistible "Terminator"

Que faire face à la machine Kawhi Leonard (30 pts, 11 rbds, 9 passes), lorsqu'elle semble de plus en plus inarrêtable à mesure que les play-offs avancent? Pas grand chose: les titres 2014 avec San Antonio et 2019 avec Toronto en sont la preuve. Or c'est cette version définitive qui est en marche en cette fin d'été 2020.

Denver, qui accuse par ailleurs une fatigue avec l'enchaînement de matches éreintants (série intense remportée 4-3 face à Utah), n'a ainsi pas trouvé la parade, s'inclinant (96-85) après également s'être heurté à une défense intraitable.

Cela fait deux énormes atouts pour L.A., qui peut aussi compter sur le regain de forme de Montrezl Harrell (15 pts), tout juste désigné "meilleur 6e homme de l'année", et l'apport constant de Lou Williams également en sortie de banc (12 pts), se permettant même le luxe d'une performance en catimini de Paul George (10 pts) sans conséquence fâcheuse.

Soucieux de ne laisser aucun espoir aux Nuggets, les Clippers ont pris le large 26-12 dès le premier quart-temps et les Nuggets n'ont jamais pu recoller, malgré Nikola Jokic (26 pts, 11 rbds, 6 passes).

"On était très concentré, on avait notre plan de match, on a mis l'énergie qu'il fallait d'entrée et à partir de là on a continué notre chemin", a déclaré Leonard.

Ce chemin pourrait donc bien mener les Clippers à une tout première finale de conférence en cinquante ans d'existence, la franchise ayant été créée sous le nom Buffalo Braves en 1970, avant de transiter par San Diego où elle s'est alors appelée Clippers, puis de déménager à Los Angeles en 1984.