Pascal Angillis ne se cachait pas derrière l’arbitrage pour expliquer la défaite de son équipe lors de la première manche.

Alors qu’il ne restait que quelques secondes à jouer dans le temps réglementaire et que le Spirou était mené 72-73 lors de la première manche entre Charleroi et le Brussels, Boxley est arrêté fautivement par Muya. Cinquième faute d’équipe et donc deux lancers à suivre pour le pivot carolo avant que Serge Crevecoeur ne sorte de ses gonds et soit sanctionné d’une faute technique. Billy Baron se présente sur la ligne des lancers pour tirer l’unique lancer reçu suite à la faute technique sauf qu’il en tire… deux ! C’était alors le début d’un imbroglio général dans le chef des arbitres. Dans un premier temps, le coach bruxellois a voulu poser ses réserves, ce que l’arbitre n’a pas accepté avant… d’annuler les deux lancers inscrits par Billy Baron et de n’en donner qu’un à Boxley au lieu de deux ! La suite, on la connaît. Inarrêtable durant les prolongations, Loubry offrait un premier succès historique aux joueurs de la capitale.

"Je n’ai même pas envie de parler de ce fait de jeu", commentait, après le match, Pascal Angillis. "Je n’en ai d’ailleurs pas parlé avec les joueurs et je ne veux pas qu’on utilise cela comme excuse ! On doit d’abord nous regarder nous-mêmes pour comprendre nos erreurs et les corriger avant de nous plaindre sur des faits de jeu."

suite à cette défaite, le Spirou est dos au mur et n’a plus d’autre choix que d’aller s’imposer ce soir à Neder. Un statut tout neuf pour les Bruxellois. "C’est une situation à laquelle nous ne sommes pas habitués. On sait que ce sera très dur ce soir et il faudra donner tout son cœur pour l’emporter", continue le coach bruxellois. "Les deux équipes ont puisé dans leurs réserves et je pense que c’est celui qui aura la meilleure mentalité qui repartira avec la victoire."

Dans une salle gonflée à bloc et avec un petit avantage psychologique, le Brussels pourrait bien réaliser ce soir le plus gros exploit de son histoire en D1 !


La consistance ou les vacances pour Mons

Les cartes ont beau être redistribuées en playoffs, la donne n’a pas été favorable aux Montois qui ont pourtant fait jeu égal avec Alost mardi soir. Volontaire, Mons a peut-être payé son irrégularité qui lui a valu le second groupe du championnat et des rencontres plus faciles au second tour. Pour reprendre un qualificatif nautique, Mons n’a pas pris l’eau, mais Alost est apparu plus au taquet pour ce genre de confrontation.

"On a assisté à un vrai match de playoffs avec du spectacle et de l’intensité. Cela pouvait tomber d’un côté comme de l’autre mais Alost et Jerime Anderson ont fait la différence en prolongation", notait le coach Defraigne.

Après avoir botté en touche une question au sujet de décisions arbitrales incohérentes, l’entraîneur borain sait que l’écart entre les deux formations est minime et qu’à ce niveau de la compétition, la minutie compte.

"Ce sont peut-être des détails pour les gens mais pour moi, nos petites erreurs coûtent cher", relayait Defraigne. Un mentor qui énumère les distractions des siens : "Je demande d’ouvrir le jeu au dernier quart-temps car Alost a vite compté quatre fautes d’équipe mais on n’a pas assez attaqué. De même, on a balbutié notre basket en contre-attaque et il s’en est suivi deux pertes de balle. Défensivement, Jerime Anderson fait mal et s’adapte bien à notre changement au niveau des écrans."

L’Américain aux 26 points, 5 fautes provoquées et 4 assists n’a pas été le seul à se mettre en évidence. "En début de seconde mi-temps, on est tellement absorbé par la garde rapprochée sur Kyan et Jerime Anderson qu’on oublie le rebond défensif. Kesteloot et sa rapidité en ont profité. Enfin, on a oublié les consignes en prolongation. C’est comme si on retombait dans nos travers en encaissant près de 18 points en cinq minutes."

Ce soir, pour les Renards, ce sera la consistance d’un bout à l’autre ou (déjà) les vacances…


"La récupération sera déterminante"

Battus de quatre petits points seulement après être revenus à une possession du hold-up parfait, les Liégeois ne se font pourtant pas trop d’illusions sur la suite de cette série : "On tombe un rien trop court, mais ce qui va être déterminant maintenant dans ce format, c’est la récupération. Le banc d’Ostende est deux fois plus long. C’est donc deux fois moins d’efforts et je crains que jeudi cela se paie cash", estime Fulvio Bastianini.

En place depuis cinq saisons, le coach liégeois pourrait donc bien diriger dès ce soir son dernier match au Country Hall avant de rejoindre le Spiroudome. Sur cette première manche, il se montrait assez satisfait : "On a bien exécuté notre plan de match. En défense, on a réussi à les mettre dans un faux rythme. En fait, nous avons trop respecté Ostende. Ils n’étaient pas dans un bon soir et on n’a pas su en profiter."

Sauf dans le dernier quart quand un 0-10 ramenait soudain les Principautaires à -7. "Il a suffit que Dominic (Morrisson) se mette à rentrer les shoots qu’il ratait jusque-là et l’on s’est montré dangereux jusqu’au bout; la preuve qu’Ostende n’était pas au top, loin de là."

Une analyse largement confirmée par l’irritation qui habitait visiblement Dario Gjergja : "Nous avons manqué totalement de concentration dans les détails. On défendait pas mal, mais on abandonne 9 rebonds offensifs dont 6 sont transformés, on multiplie les pertes de balle et surtout on n’est pas attentif au contrôle du jeu et du rythme en fin de partie. Cela dit, jamais Liège n’aurait pu gagner ! J’en suis convaincu ! Ils reviennent bien à -2 (à l’entrée de la dernière minute), mais sont obligés de faire des fautes pour récupérer le ballon."

Et comme Dusan Djordjevic transforme 93 % de ses lancers en moyenne, l’affaire était ensuite entendue. Nul doute cependant que ce jeudi, les champions en titre débarqueront au Country Hall remontés à bloc par leur coach…