TOUR DE FRANCE: les règles à respecter

Joël Godaert

On ne badine pas avec la discipline sur le Tour. Quelques points, essentiels, du règlement de la course

Bonifications
Indispensables pour les uns, totalement inutiles pour les autres, les bonifications ont pour objectif d’animer les courses à étapes. Leur formule varie régulièrement, au Tour comme ailleurs. Cette année, 20, 12 et 8 secondes sont attribuées respectivement aux trois premiers coureurs classés dans TOUTES les étapes en ligne, seules les manches chronométrées individuellement (1e et 19e) ou par équipes (4e) étant exclues. TOUS les sprints intermédiaires attribuent 6, 4 et 2 secondes aux trois premiers coureurs.

Incident dans le dernier kilomètre
En cas de chute, de crevaison ou d’incident mécanique (constaté par un commissaire) après le franchissement de la flamme rouge indiquant l’ultime kilomètre, le ou les coureurs qui sont victimes sont crédités du même temps que le(s) coureur(s) en compagnie du ou desquels ils se trouvaient au moment de l’incident. Cette règle n’est pas en vigueur lors des deux étapes chronométrées (1e et 19e étapes), ni à l’occasion des arrivées au sommet (10e, 12e, 14e et 15e étapes).

Classements distinctifs
Il n’y a pas que le maillot jaune. Différents classements, dits annexes, animent la course. Revue de détail:
- le classement individuel au temps (classement général). Il est établi par l’addition des temps réalisés par chaque coureur dans chaque étape, en tenant compte des bonifications.
- le classement aux points. Chaque étape permet de récolter des points. A l’arrivée d’abord où, selon l’étape, les 25, 20 ou 10 premiers coureurs classés gagnent des points. Les étapes de plaine (35 points au premier) sont mieux dotées que celles de montagne (25 points au premier) et les contre-la-montre (15 points au premier). En cours d’étape, les sprints intermédiaires permettent aux trois premiers de récolter respectivement 6, 4 et 2 points.
- le classement du meilleur grimpeur (ou de la montagne). Un barème est établi selon la difficulté des cols et côtes à franchir. Il y a cinq catégories de difficultés.
- le classement des jeunes. Il est établi, au temps, parmi les participants nés depuis le 1e janvier 1975.
- le classement général par équipes. Il est établi par l’addition des trois meilleurs temps individuels de chaque équipe dans chaque étape.
- le classement de la combativité. Il est établi par les points attribués, au terme de chaque étape, par un jury désigné par l’organisation de l’épreuve. C’est le classement le moins sérieux et le moins intéressant du Tour, essentiellement parce qu’il est totalement subjectif.

Contre-la-montre par équipes
La formule – attractive – du contre-la-montre par équipes engage un règlement particulier. Fonctionnement :
- le classement de l’étape est établi pour chaque équipe sur le temps réalisé par le coureur ayant franchi la ligne en 5e position.
- tous les coureurs de l’équipe ayant franchi la ligne dans le même temps (ou un temps inférieur) sont crédités de ce temps. Ce temps est reporté au classement individuel.
- l’écart maximum est plafonné à sept minutes. Les coureurs arrivés dans un délai supérieur à 7 minutes par rapport au temps de la première équipe classée, se voient créditer de 7 minutes de retard au classement général. Ils doivent cependant terminer dans les délais fixés par le règlement (voir délais d’arrivée).

Délais d’arrivée
Les délais d’arrivée sont calculés selon un barème précis (et compliqué...) prenant en compte la moyenne-horaire réalisée, la difficulté et la longueur des étapes. En dehors de ce barème, l’organisation prévoit que des événements exceptionnels (conditions climatiques par exemple) peuvent amener les commissaires à modifier les délais. Et le règlement prévoit encore que si le pourcentage de coureurs éliminés dépasse 20 % des partants de l’étape, les délais peuvent être augmentés. Quand on est distancé, mieux vaut donc être le plus nombreux possible, d’où les fameux autobus qui regroupent les non-grimpeurs et les coureurs fatigués dans les étapes de montagne.

Dossard , plaque de cadre et bicyclette
Chaque coureur doit porter deux (petits) dossards sur les hanches, l’un côté droit, l’autre côté gauche. Sur le cadre de son vélo doit apparaître une plaque numérotée. Le tout est fourni par l’organisation et doit être placé comme le précise le règlement. Seules les manches chronométrées font exception : un seul dossard (sur le dos !) est autorisé et la plaque de cadre n’est pas indispensable.
Sanctions : 300 FB (7,44 €) pour la première infraction, 1.200 FB (29,75 €) pour la deuxième infraction et mise hors course en cas de troisième infraction.

Maillots distinctifs
A moins d'être champions du monde en titre (sur route ou contre la montre), les coureurs sont tenus d’endosser les maillots de leur équipe. Mais s’ils sont leaders d’un des classements du Tour, ce sont les maillots distinctifs de l'épreuve qu'ils doivent revêtir, soit :
- le jaune, symbolisant le classement général au temps
- le vert, symbolisant le classement général aux points
- le blanc à pois rouges, symbolisant le classement du meilleur grimpeur
- le blanc, symbolisant le classement général des jeunes

A noter qu’un coureur ne pouvant pas endosser le même maillot, il portera prioritairement le jaune, puis le vert, puis le blanc à pois rouge, enfin le blanc, son suivant au classement héritant du maillot qu’il ne revêt pas.
Le leader du classement de la combativité porte des dossards avec chiffres blancs sur fond rouge.

Poussettes, rétropoussettes et tirettes
« Je te tiens, tu me tiens…par le maillot », on n’aime pas ça dans le Tour. Les poussettes et rétropoussettes entre équipiers ou adversaires et les tirages de maillot sont strictement interdits, tout comme il n’est pas autorisé de se faire pousser par des tiers, des spectateurs, dans les cols par exemple.
L’arsenal répressif est particulièrement étudié:
- tirage de maillot: 1.200 FB (29,75 €) et 10 sec. par infraction. Si celle-ci se situe dans le dernier kilomètre de l’étape: 1.200 FB (29,75 €) et 20 sec. à la 1e infraction, 1.200 FB (29,75 €) et 20 sec. dès la 2e infraction.
- Rétropoussettes sur une voiture, une moto, un coureur, poussettes entre équipiers : 300 FB (7,44 €) et 10 sec. par infraction.
- Poussée donné à un adversaire : 1.200 FB (29,75 €) et 10 sec. à la 1e infraction, 1.200 FB (29,75 €) et mise hors course à la 2e infraction ou s’il s’agit de la dernière étape.

Ravitaillement
En dehors des zones de ravitaillement, prévues sur l’itinéraire de chaque étape, les coureurs peuvent être ravitaillé en course sous certaines conditions.
- ce ravitaillement est autorisé à partir d’un panneau situé après le 50e kilomètre de la course et jusqu’à un panneau annonçant la fin de ce ravitaillement, généralement situé à 20 km de l’arrivée. Ces kilométrages peuvent être modifiés dans les étapes de montagne.
- la direction de la course, en accord avec le jury des commissaires peut modifier les règles en vigueur en fonction des conditions climatiques.
- pour être ravitaillé les coureurs doivent se laisser glisser en queue du peloton auquel ils appartiennent.
- si les coureurs acceptent boissons et nourriture de la part des spectateurs, ils assument les risques éventuels encourus.
- en aucune manière des bouteilles en verre ne peuvent être portées et utilisées.

Sanctions : 1.200 FB (29,75 €) si l’infraction se situe dans les premiers 50 km, 1.200 FB (29,75 €) et 20 sec. si elle se situe dans les 20 derniers kilomètres. A la troisième infraction, l’amende passe à 6.000 FB (148,74 €).

Sprint
Les sprints mouvementés, on connaît. Le règlement est, là encore, très précis et les amendes sérieuses. On part, ainsi, du principe qu’un coureur ne peut dévier de sa ligne (sorte de couloir virtuel) s’il met en danger ses collègues. Le coureur qui arrive seul peut donc aller de gauche à droite tout à sa guise.
Sanction : 1e infraction : déclassement à la dernière place de son peloton, 1.200 FB (29,75 €) et 30 sec.. ; 2e infraction : déclassement à la dernière place de l’étape, 50 points de pénalité au classement par points, 1.200 FB (29,75 €) et 1 min. au classement général ; 3e infraction : mise hors course et 1.200 FB (29,75 €).

A relever que sans quitter sa ligne, un coureur peut être accusé de sprint irrégulier : rétropoussettes sur un équipier, relais avec celui-ci, tirage du maillot d’un adversaire, etc. Les sanctions sont pratiquement les mêmes : 1e infraction : déclassement à la dernière place de son peloton et 1.200 FB (29,75 €); 2e infraction : déclassement à la dernière place de l’étape et 1.200 FB (29,75 €); 3e infraction : mise hors course et 1.200 FB(29,75 €).

Attention : dans des cas graves (jet de bidon en plein sprint ou coup donné à un adversaire par exemple, le jury des commissaires peut prononcer la mise hors course immédiate, plus une amende de 1.200 FB (29,75 €) dès la première infraction.



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