Gérard Bulens : "Un marginal du vélo"

Julien Gillebert

Il est toujours présent dans le cyclisme avec son traditionnel franc-parler

SPA Il le répète souvent, Gérard Bulens. Avec plus de vingt saisons passées dans le vélo, le manager de l'équipe du Crédit Agricole-Colnago estime avoir fait le tour de la question.

Il y a un an, lors du traditionnel petit stage de son équipe à Spa, il ne pensait pas aller au-delà de l'année 2008, terme supposé du sponsoring de la banque. "Je n'ai pas besoin du cyclisme pour vivre, ce n'est pas mon but, car j'ai d'autres activités , a-t-il encore confirmé récemment. Je vise plus à bien vivre le cyclisme comme une passion. Dans cet ordre d'idée, je ne prends donc pas un salaire de 100.000 euros qui pourrait me donner l'envie de pérenniser cette équipe à tout prix les années suivantes, en cherchant des résultats. Ce n'est pas ma philosophie."

Son credo, c'est plutôt celui de la formation. "Quand Popovych a eu l'occasion d'aller chez Discovery Channel, j'ai directement déchiré son contrat qui le liait encore chez nous. Car pour lui, c'était une ouverture énorme. Bruyneel a été surpris que je le libère de la sorte. Mais pour notre équipe, cela représentait aussi un beau coup de publicité. Même si je ne suis pas un commercial, cela ne m'intéresse pas. Je suis plutôt un marginal du vélo."

IL sera encore présent les trois prochaines saisons, vu que le Crédit Agricole a décidé de prolonger pour trois saisons dans le cyclisme (tout comme Colnago). "Je ne pouvais pas dire non à une telle proposition ", termine Gérard Bulens. "La banque a trouvé son équilibre avec l'arrivée de Sven Nys, qui lui permet d'avoir une visibilité durant une année complète, grâce au cyclo-cross."

Sur la route, cette formation continentale espère jouer un rôle en 2009, avec ses pions comme Bert De Waele et Frédéric Amorison mais aussi avec enfin un sprinter dans les rangs, avec Denis Flahaut. "Un domaine dans lequel nous étions un peu tristounets ces dernières années, Tom Steels n'était plus à son niveau et Wouter Van Mechelen n'a pas trop marché. "

Sans oublier la place accordée aux jeunes.



© La Dernière Heure 2009


Jeunes Wallons : bien trop peu de débouchés

Après Habeaux, Simon, Criquielion, Lebeau, Gourgue et Delfosse, Jonathan Bertrand est le nouveau néo-pro wallon du Crédit Agricole. "Donner une chance aux jeunes, cela fait partie de notre politique de formation" , raconte Gérard Bulens.

"Ce ne sont pas toujours les meilleurs, puisque ceux-ci vont directement dans des plus grandes équipes. Mais nous ne sommes pas non plus Top Sport Vlaanderen (NdlR : dont de nombreux contrats sont financés par la région flamande). Et nous ne pouvons pas faire que cela. Chez nous, les sponsors sont commerciaux et investissent donc pour de la publicité."

L'équipe en a eu avec les formations de Popovych, Vaitkus et bien évidemment Maxime Monfort. "Il y a peu, on aurait pu faire la même chose que Top Sport en Wallonie avec les contrats Rosetta, qui auraient intégré l'équipe. La banque était ouverte à cette idée, mais celle-ci n'a pas séduit suffisamment de monde. C'est dommage. Car à l'heure actuelle, un jeune coureur wallon, sauf s'il a d'énormes qualités, ne peut passer pro que chez nous."

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