Gilbert est mûr pour gagner Liège

Eric de Falleur
Gilbert est mûr pour gagner Liège
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Tout est réuni désormais pour que le Liégeois, arrivé à maturité, enlève la classique de ses rêves

BRUXELLES À l’image de la torpeur printanière qui enveloppe le pays, le cyclisme belge baigne dans une douce euphorie depuis trois semaines. À l’exception du Grand Prix E3 ou du Grand Prix de l’Escaut, nos compatriotes ont tout gagné, ou presque : À travers les Flandres (Nuyens), Gand-Wevelgem (Boonen), les Trois Jours de La Panne (Rosseler), le Tour des Flandres (Nuyens), Paris-Roubaix (Vansummeren), la Flèche Brabançonne (Gilbert) et l’Amstel (Gilbert encore).

Au point que la Belgique mène désormais le classement mondial, certes pour deux unités et de manière temporaire sans doute, mais dans le sillage de Philippe Gilbert, rien ne semble impossible, alors que les deux classiques ardennaises sont là. Précisément, c’est encore sur l’Ardennais que l’on comptera, demain à la Flèche Wallonne et, plus encore, dimanche, à Liège-Bastogne-Liège.

Depuis toujours, le coureur de Remouchamps, le village que le parcours de la Doyenne traverse pour filer vers La Redoute, n’en a jamais fait un secret : il rêve autant, si pas plus encore, de gagner la principale classique wallonne que de devenir un jour champion du monde.

À 28 ans (il en aura 29 le 5 juillet), Philippe Gilbert a atteint la maturité, ou du moins, puisqu’il semble encore se bonifier à tous points de vue comme sa démonstration de l’Amstel nous l’a confirmé, il bénéficie aujourd’hui d’un panel de qualités suffisant pour s’imposer dans toutes les grandes courses d’un jour. S’il ne reviendra à Paris-Roubaix que plus tard, dans la dernière partie de sa carrière, le Wallon veut poursuivre sa moisson de classiques.

À cinq jours du rendez-vous qui peut le mener à une première véritable consécration personnelle, le double vainqueur de l’Amstel , du Tour de Lombardie et de Paris-Tours conjugue sérénité, motivation, confiance et ambition. Un cocktail qui doit lui permettre de réaliser son rêve.

“Depuis l’arrivée du Tour de Lombardie, j’ai dit que je voulais être prêt cette semaine”, répète-t-il à l’envi. “Eh! bien, j’y suis ! Pour cela, j’ai travaillé énormément, ainsi que mon équipe sur laquelle je sais que je pourrai compter. J’ai énormément de confiance.”

Mais, fidèle à son personnage, le Monégasque se refuse de vendre la peau de l’ours. Il se défend de toute euphorie, pas question pour lui, à l’image de Frank Vandenbroucke il y a douze ans, de clamer qu’il démarrera à tel ou tel endroit, même s’il sait comment mettre tous les atouts dont il dispose désormais dans son jeu.

“Je ne veux pas donner le moindre coup de pédales inutile avant d’arriver à la Roches-aux-Faucons”, souhaite-t-il, car il sait que, c’est là que, depuis que la terrible montée a remplacé la côte du Sart-Tilman, que la Doyenne s’est jouée. “Pour cela, je compte sur mes équipiers, ils sont tout à fait capables, ils l’ont montré dimanche, de m’emmener au pied de Saint-Nicolas (NdlR : l’avant-dernière côte, avant la montée finale vers Ans, où, sur sa forme, Gilbert semble imbattable). Mais il faudra aussi avoir de la réussite.”

Avec le temps, sa manière de courir a changé. Plus question d’attaquer comme un chien fou ou d’anticiper, Gilbert peut se contenter de suivre et de conclure, comme le terrible finisseur qu’il est devenu. Ses cinq victoires de la saison en témoignent toutes.



© La Dernière Heure 2011

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