De Gendt : “Une semaine à devenir alcoolique”

E. d.F.
De Gendt : “Une semaine à devenir alcoolique”
©Photonews

Cent septante kilomètres d’échappée dont les soixante derniers en solitaire pour le Flandrien

“Mon but, aujourd’hui, c’était de me préserver au maximum pour le chrono de demain” , expliquait sans sourciller Thomas De Gendt en descendant du podium sur la Promenade des Anglais où le Flandrien venait d’enlever la 7 e étape de Paris-Nice.

Le coureur de Vacansoleil-DCM avait signé, au prix de cent septante kilomètres d’échappée, dont les 58 derniers en solitaire, le troisième succès de son équipe, après le chrono inaugural de Larsson et la victoire de Westra à Mende. C’est aussi la troisième étape conquise par un Belge sur cette 70e édition.

“Ça va vous surprendre, mais c’est peut-être ma plus facile victoire” , continuait toujours pince-sans-rire le coureur de Semerzake qui avait gagné l’an dernier la 1re étape de Paris-Nice à Dourdan, puis une au Tour de Suisse, en montagne, en contenant sans problème Andy Schleck sur la dernière montée. “Le peloton nous a laissés filer après un début d’étape ultra rapide (NdlR : plus de 50 km dans la première heure). J’étais devant, j’ai attaqué et directement c’était bon. J’ai été surpris de voir Taaramae me rejoindre, il était tombé vingt bornes auparavant. Ni lui ni moins n’étions dangereux, on nous a laissé prendre assez vite plus de douze minutes.”

Il fallait pourtant poursuivre son effort pendant quatre heures encore.

“On s’est bien partagé le boulot” , poursuit De Gendt. “Vous savez, c’est moins dur que des échappées sur le plat où il faut tout le temps pousser. Ici, on monte, c’est sûr, mais dans les descentes, il y a moyen de s’épargner.”

Sur le col de Vence, la dernière difficulté du jour, Taaramae tenta trois fois de surprendre son compagnon d’échappée, ce qui provoqua sa colère.

“Tu ne travailles pas, alors tu n’attaques pas et on va au bout à deux” , lui dit notre compatriote. “OK dans la finale, mais pas à 60 kilomètres du but. À la troisième fois, j’en ai eu marre, je l’ai fait passer devant et j’ai démarré dans son dos. Après, progressivement, l’écart a augmenté, dix, quinze, vingt, trente secondes... Je savais que le peloton ne reviendrait pas et Taaramae non plus. C’est plus facile d’augmenter son avance que de combler du retard.”

Pour les Vacansoleil, c’est donc une édition euphorique.

“Une semaine à devenir alcoolique puisqu’on boit le champagne un soir sur deux” , souffle encore le Flamand. “C’est la première grande course de la saison. Je m’étais focalisé sur cette semaine, même si j’ai encore trois kilos de trop. Mais je ne voulais pas être trop maigre et tomber malade. En ratant la bonne bordure lundi, sur une crevaison, j’avais dit adieu à un bon classement. Finalement, pour nous, c’était mieux qu’il n’y ait que Lieuwe (Westra) devant. On a pu tous se mettre à son service.”

Et Thomas De Gendt pense que son partenaire peut créer la surprise aujourd’hui.

“Il peut gagner, Lieuwe est un des meilleurs grimpeurs de cette course et il tourne vraiment bien les jambes” , dit-il. “Maintenant que Leipheimer est battu, il peut battre Wiggins, il l’a fait jeudi à Mende. Six secondes ce n’est pas beaucoup. Il va se surprendre lui-même.”



© La Dernière Heure 2012

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