"À part Boonen et Gilbert, on n’a pas de gagnant"

Eric de Falleur
"À part Boonen et Gilbert, on n’a pas de gagnant"

Carlo Bomans analyse le début de saison difficile des Belges

BRUXELLES Le premier volet de la série des classiques du printemps, où les coureurs belges ont par le passé souvent réussi une grande partie de leur saison, s’est terminé dimanche au vélodrome de Roubaix. Le bilan de nos compatriotes est vite fait. Aucun succès dans les grandes épreuves flandriennes, mais trois podiums prometteurs, Greg Van Avermaet, 3e à Gand-Wevelgem, Jürgen Roelandts, 3e au Tour des Flandres, et Sep Vanmarcke, 2e à Paris-Roubaix.

Le constat est simple: sans Tom Boonen, qui a remporté plus des trois quarts des victoires belges dans les classiques pavées depuis dix ans, les Belges ne gagnent pas ou très peu. “C’est exact”, reconnaît, avec regret, Carlo Bomans. “Roelandts et Van Avermaet se rapprochent. Ils sont très réguliers, mais manquent souvent du petit plus, ou du brin de chance, qui leur permettraient de gagner de grandes courses. En fait, à part Tom (Boonen) et Philippe (Gilbert), nous avons très peu de coureurs qui peuvent gagner.”

Une constatation qui, d’ailleurs, est la même pour beaucoup de monde.

“Évidemment”, continue Bomans, “ce printemps, tout le monde ou presque est tombé sur un super Fabian Cancellara et sur Peter Sagan.” Bien vite, l’ancien champion de Belgique remet sa casquette de sélectionneur national.

“On n’a pas eu de chance avec l’élimination de Boonen. Mais il n’y a pas eu que lui. Nuyens est hors circuit, Leukemans a été malade avant les classiques, Vanmarcke est tombé à Tirreno et n’est revenu en forme que dimanche. C’est dans ces courses que l’on marque des points WorldTour et nous, les Belges, souvent une bonne partie de notre total annuel. Il est très important que nous soyons parmi les dix premières équipes du classement mondial (NdlR : au 15 août) puisque ce sont celles qui auront neuf coureurs au Mondial.”

Sinon, comme ce fut le cas de la France il y a deux ans, nous n’aurions que six représentants au Championnat du Monde, le 29 septembre à Florence.

“Je dois avouer que je me suis fait du souci jusqu’il y a peu”, poursuit le Limbourgeois. “Car tout semblait se liguer contre nous, outre les blessures dont je vous ai parlé, on a eu de la malchance avec Roelandts qui a manqué quelques Top 10 dans des courses WorldTour en tombant à Milan-Sanremo, en crevant au GP E3 puis en se faisant cogner par une voiture à Gand-Wevelgem où Debusschere a aussi crevé. Ce sont des points qui nous feront peut-être défaut plus tard.”

Les Belges pointent désormais au troisième rang, mais Bomans juge la situation hasardeuse. “La Belgique est troisième, mais en deux courses, on peut se retrouver quatorzième”, dit-il. “Et les classiques wallonnes ne s’annoncent pas sous les meilleurs auspices. Devenijns, qui s’est cassé le bras, va nous manquer. De Gendt n’est pas un coureur de course d’un jour… J’espère que Vanendert et Meersman seront rétablis et que Gilbert aura recouvré la forme”.

Au-delà, ce sont les jeunes dont on attend la percée. “Je pense à Serry, mais ce n’est pas un vainqueur non plus”, poursuit notre interlocuteur. “À terme, Tim Wellens peut être un très bon coureur. En descendant dans les catégories de jeunes, il y a de bons espoirs, comme Sean De Bie ou, plus encore Jasper Stuyven.”

Le jeune (20 ans) Brabançon a été sacré champion du monde juniors, en 2009, et a gagné Paris-Roubaix juniors l’année suivante. Depuis, il confirme tous les espoirs placés en lui, sous la férule d’Axel Merckx. Il y a dix jours, il gagnait par exemple le très relevé Tour d’Alentejo. “Jasper sera un coureur de classiques, du Tour des Flandres à l’Amstel”, poursuit Bomans. “Mais il va falloir attendre quelques années. Et patienter un peu plus encore pour voir Nathan Van Hooydonck (NdlR : neveu d’Edwig) confirmer au plus haut niveau. Il a les qualités de son oncle, mais une carrière est tellement aléatoire qu’on doit être prudent avec de jeunes coureurs.”


© La Dernière Heure 2013

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