"Philippe Gilbert est dans les temps"

Interview > Julien Gillebert

Jérôme Gilbert va disputer ses premières Ardennaises, sur lesquelles il espère voir son champion du monde de frère s’imposer

VALKENBURG Prévu au départ sur les trois Ardennaises, Jérôme Gilbert fera l’impasse, ce dimanche, sur l’Amstel Gold Race, la première classique de type wallonne que son grand frère a remportée. “J’ai disputé la Flèche Brabançonne, mercredi, où j’étais content de mes sensations, mais il valait mieux que je récupère et que je ne dispute pas l’Amstel dimanche afin d’être plus frais sur la Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège”, expliquait-il hier matin, alors que, au bout du fil, des cris d’animaux se faisaient bizarrement persistants. “Je m’offre un petit moment de détente au Monde Sauvage d’Aywaille”, rigole le sympathique Jérôme Gilbert. Interview avec le petit frère du champion du monde (entrecoupée de cris de perroquets), avant celle consacrée à Dennis Vanendert, le petit frère de Jelle.

Jérôme, pour votre première participation aux Ardennaises, que viserez-vous ?

“J’espérais déjà être au départ l’an passé, mais tout n’était pas en ordre au niveau de l’UCI, notamment avec le système ADAMS, et je n’avais pas pu y prendre part. Mais cette fois, j’y serai ! C’est tout d’abord un rêve d’être au départ de telles courses. Je crois que c’est le rêve, à la base, de tous les coureurs. C’est pour pouvoir disputer les plus grandes épreuves qu’on veut être pro. C’est donc un rêve qui se réalise. Mais je veux être actif dans mon rêve, et ne pas que rêver dans le peloton. Sur la Flèche ou Liège, j’ai envie de prendre l’échappée matinale ou d’aller le plus loin possible. Et prendre de l’expérience.”

Car mis à part le Tour des Flandres, il s’agit de vos débuts dans le World Tour…

“Oui, c’est la raison pour laquelle ce n’est pas évident de se projeter sur de telles courses. Et le Tour des Flandres, c’est vraiment particulier car c’est le placement qui compte surtout. Là, sur les Ardennaises, c’est plus simple : les plus forts sont devant. Mais j’ai l’avantage de très bien connaître les parcours, surtout celui de Liège. Et la présence des supporters, cela va me motiver et m’aider à me surpasser.”

Quel bilan tirez-vous de votre première année chez les pros ?

“J’ai débuté l’an passé, au premier mai, donc jusque-là, je suis toujours néopro (il rigole). J’estime avoir bien progressé. Surtout que je n’ai pas connu un début de saison facile car j’ai été retardé en février par un virus au niveau des bronches. Mais, mercredi, à la Flèche Brabançonne, j’ai pour la première fois ressenti des sensations de coureurs. Cela a fait du bien ! Même Philippe a été étonné de me voir attaquer en début de course, dans des endroits difficiles, comme après le sommet des côtes. Il était vraiment content. Et moi encore plus !”

À long terme, comment voyez-vous votre carrière ?

“J’espère devenir un bon coéquipier et pouvoir jouer un rôle sur des épreuves comme des courses 1.2 ou 1.1. Même des Hors Catégorie quand j’ai une grosse condition. Pour les courses World Tour, là, c’est vraiment un autre niveau. Quand on les voit à la télé, avec un peloton qui prend la largeur de la route, on pourrait penser que c’est facile, mais c’est loin d’être le cas !”

Philippe, deuxième mercredi de la Flèche Brabançonne, battu par un super Sagan, c’est le signe que votre frère est prêt, comme il l’avait prévu, pour les Ardennaises ?

“Je l’ai toujours pensé. Phil, je le connais. Quand il dit qu’il se prépare pour un rendez-vous, il est en général toujours prêt pour l’échéance. Je pense que ce sera le cas. D’ailleurs, mercredi, au départ, j’avais annoncé qu’il serait sur le podium de la Brabançonne…”


© La Dernière Heure 2013


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