Colonster, nouvel atout de charme de la Doyenne ?

Eric de Falleur et Belga
Colonster, nouvel atout de charme de la Doyenne ?
©Photonews

La côte de Colonster remplace cette année la mythique Roche-aux-Faucons


LIEGE La disparition, sans doute momentanée, de la côte de la Roche-aux-Faucons, va certainement jouer un rôle non négligeable dans le déroulement final de Liège-Bastogne-Liège et peut-être modifier quelque peu la donne.

Des travaux d’égouttage sur le sommet de la montée, qui ont pris du retard à cause de l’hiver, empêchent les organisateurs de la Doyenne de faire passer leur épreuve sur les pentes (1km600 à 10 % avec des passages à 12 %) d’une ascension qui a toujours eu des conséquences importantes.

C’est là qu’Andy Schleck s’était envolé en 2009, avant de déborder Philippe Gilbert, lequel, deux ans plus tard, s’y était également enfui avec Andy et son frère pour aller triompher à Ans.

L’an dernier encore, Vincenzo Nibali s’échappa sur le 2e palier de la montée, le long faux plat qui mène à Boncelles, et seul Maxim Iglinsky put le rejoindre plus tard. “La course sera certainement différente des années précédentes cette fois”, assure Jean-Michel Monin, en charge du tracé des Ardennaises chez ASO, qui se met même à rêver.

“Ça va ouvrir des perspectives, certains pourraient avoir envie de faire tout exploser sur La Redoute. La côte de Colonster qui remplace La Roche-aux-Faucons présente des pourcentages moins rudes.”

En effet, ce n’est pas un hasard si elle emprunte le boulevard de Colonster, une route large qui serpente, sans vrais virages, dans des prés. La côte est nettement moins pentue, mais plus longue (2km900 à 5,9 %, avec un passage à 8 %), avec des paliers plus plats. Trois paramètres peuvent provoquer des dégats.

D’abord, l’amorce de la côte, avec le passage du petit pont en fer (y compris le revêtement !) sur l’Ourthe à Tilff (au pied de l’ancienne côte de Tilff ou du Sart-Tilman, elle aussi indisponible en raison d’un… jumping ainsi que le franchissement de pas moins de trois passages à niveaux sur deux kilomètres vont provoquer de la nervosité. Ensuite, le vent car la côte emprunte des routes dégagées.

Enfin, après le sommet, c’est par une descente par moments techniques dans les rues de Seraing que les coureurs rejoindront l’ancien parcours puis le stade de Sclessin et le pied de la côte de Saint-Nicolas. “Pour moi, c’est mieux comme ça”, confesse Greg Van Avermaet. “La Roche-aux-Faucons était ma bête noire, mais même si Colonster est plus roulante, elle survient en fin de course et il reste encore Saint-Nicolas puis la côte d’Ans pour faire la différence. Liège-Bastogne-Liège ne sera pas plus facile cette année !”

Contador préférait l'ancien tracé

L'Espagnol Alberto Contador, l'une des têtes de liste dimanche de Liège-Bastogne-Liège, a déclaré vendredi "préférer l'ancien tracé du final" de la Doyenne des classiques cyclistes avec la côte de la Roche-aux-Faucons, abandonnée cette fois pour cause de travaux de voirie.

"La différence est significative", a estimé le double vainqueur du Tour de France (2007 et 2009) après avoir procédé à la reconnaissance des 80 derniers kilomètres de la "Doyenne", entre autres la côte de Colonster introduite à la place de la Roche-aux-Faucons.

"La route est large, a souligné le Madrilène, et si le vent souffle un peu, la course peut être contrôlée par une équipe. Il peut y avoir un peloton au pied de Saint-Nicolas", dont le pied est situé à moins de 7 kilomètres de l'arrivée.
"Mais on ne sait jamais ce qui peut se passer", a ajouté Contador, qui prévoit de faire une pause après Liège-Bastogne-Liège avant d'entamer sa préparation en vue du Tour de France.

Le vainqueur de la dernière Vuelta a désigné pour favoris les coureurs qui se sont mis en évidence, mercredi, dans la Flèche wallonne, surtout ceux qui sont capables de sortir dans la côte de Saint-Nicolas. Il a cité ainsi "Dani Moreno, (Philippe) Gilbert, Alejandro (Valverde) et Joaquim (Rodriguez)", tout en ouvrant le champ des possibilités à d'autres éventualités.

Dans Liège-Bastogne-Liège, Contador (30 ans) a pour meilleur résultat une 10e place en 2010.

Vanendert: "Besoin d'un bon résultat pour parler d'un printemps ardennais réussi"

Jelle Vanendert sera le leader de l'équipe belge Lotto-Belisol dimanche lors de Liège-Bastogne-Liège. Le Limbourgeois, 10e de la Doyenne l'an dernier, a été victime d'une chute mercredi sur la Flèche Wallonne.

"La Flèche Wallonne est digérée", a déclaré Jelle Vanendert vendredi. "Je ne ressens plus de douleur de ma chute après 85 kilomètres. Liège-Bastogne-Liège est une autre course. Alors que le Mur de Huy est toujours déterminant à la Flèche Wallonne, Liège est une course plus tactique. En partie suite à l'absence de la Roche aux Faucons, je pense que le parcours est plus facile et que plus de coureurs vont venir pour la victoire. Dans la finale, il faut rouler aussi vite que possible vers le sommet de Saint-Nicolas et dans mon cas, arriver à la ligne avec le moins de coureurs possible. Le nombre de kilomètres n'est certainement pas en mon désavantage et l'équipe a montré à la Flèche Wallonne, après un Amstel plus faible, qu'elle était présente. Mais les forts blocs comme BMC, Katusha et Sky vont prendre la course en main", a poursuivi Vanendert.

Le leader des Lotto-Belisol espère signer un bon résultat dimanche. "J'ai besoin d'un bon résultat dimanche pour pouvoir parler d'un printemps ardennais réussi. Que les Belges n'aient pas encore de victoire ce printemps? J'espère que je pourrai apporter un changement à cela dimanche (rires). Boonen a connu beaucoup de problèmes, Gilbert n'est peut-être pas le Gilbert d'il y a deux ans bien qu'il ait certainement une chance dimanche et le cyclisme s'internationalise de plus en plus avec entre autre les Colombiens qui sont bien", a conclu le Limbourgeois.

© La Dernière Heure 2013

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