Remco s’accroche et limite la casse au Giro

Remco Evenepoel reste deuxième du classement général, à présent dominé par Egan Bernal, souverain sur le chemin de terre vers Campo Felice.

David Lehaire, envoyé spécial en Italie
Remco s’accroche et limite la casse au Giro
©AFP

Ce lundi, le Giro a rendez-vous avec l’histoire. Il rendra hommage à l’Aquila. Touchée par un terrible tremblement de terre en 2009, cette ville accueille l’épreuve cycliste afin d’immortaliser sa renaissance, douze ans après la tragédie.

Egan Bernal, lui, a marqué l’histoire à sa manière ce dimanche en s’imposant sur un chemin de terre emprunté pour la toute première fois. Le Colombien fut le plus à l’aise de tous les gladiateurs sur ce kilomètre et demi surréaliste. Tous découvraient ce décor lunaire entre les Abruzzes et les Appenins. Certains, comme le Russe Vlasov, avaient fait part de leur enthousiasme. "Ça me rappelle mon enfance", avait lancé le Russe.

Remco Evenepoel ne s’était, lui, pas gêné pour dire tout son scepticisme. "C’est peut-être beau à voir mais je trouve que le Giro n’avait pas besoin de ça. Une chute dans cette portion-là peut avoir de très fâcheuses conséquences. Je pense que ce n’était pas nécessaire d’ajouter cela à une étape de montagne déjà assez difficile comme ça."

La montagne importante

Finalement, il n’y a pas eu de casse et les images se révélèrent spectaculaires. Egan Bernal, très en jambes, y poussa une accélération à laquelle personne ne put répondre. S’il n’y avait le panorama somptueux des montagnes enneigées en arrière-plan, on aurait pu croire le Sud-Américain en train de réaliser un grand numéro dans une nouvelle version de Paris-Roubaix. Ce matin, c’est lui qui porte le maillot rose. En s’imposant, il est allé chercher dix secondes de bonification. Le voilà, pour la première fois depuis le départ de Turin il y a dix jours, devant Evenepoel. Qui pointe ce matin à quinze secondes. Le duel entre les deux se précise et n’en est sûrement pas à son dernier chapitre.

C’est que la montagne occupera encore une place très importante d’ici l’arrivée à Milan, le 30 mai. "Quel que soit le classement dimanche soir, il ne faudra pas tirer de conclusions trop hâtives parce que le chemin sera encore très long", avait rappelé le leader de Deceuninck-Quick Step à quelques minutes de s’élancer pour ce neuvième acte.

Il ne doit pas contrôler la course

Qu’il n’ait pas endossé le maillot rose sur les hauteurs de Campo Felice n’est pas trop en ennuyeux. Son équipe peut laisser aux Ineos le soin de contrôler la course. Reste qu’Egan Bernal a marqué les esprits en prenant la main. Et il peut s’appuyer sur une formation dominatrice. Notre jeune compatriote peut, lui, compter sur un Joao Almeida qui monte en puissance. Le Portugais, à l’aise sur lesentier final, a attendu son leader quand il s’est rendu compte que ce dernier était dans le dur. Une fois lancé, Evenepoel s’accrocha pour limiter la casse. Il fut le quatrième à franchir la ligne d’arrivée, dix secondes après Bernal, Ciccone et Vlasov étant intercalés à sept secondes du vainqueur.

Si Bernal a pris place tout en haut de la hiérarchie, Remco Evenepoel continue à faire preuve de solidité. Reste à voir quelle est sa marge de progression dans ce Giro qui s’achèvera par un contre-la-montre (29,4 km), exercice dans lequel le phénomène de Schepdaal devrait prendre du temps à son rival.

Reste à voir aussi dans quelles proportions le lauréat du Tour de France 2019 montera, lui aussi, en puissance.

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