L'ancien coureur cycliste Andreï Tchmil va prendre les armes

Dans un appel à son ex-concurrent et ami Johan Museeuw, le Soviétique a fait part dimanche de son souhait d’aider l’Ukraine à repousser l’envahisseur russe.

Nathan Scheirlinckx
L'ancien coureur cycliste Andreï Tchmil va prendre les armes
©Belga

Le Tour des Flandres, Paris-Roubaix, Milan-Sanremo... Andreï Tchmil a remporté de grandes classiques lors de sa carrière de coureur cycliste. Aujourd'hui, à 59 ans, celui qui possède les nationalités moldave, ukrainienne et belge gère un magasin de vélos à Chisinau. C'est dans la capitale moldave que Tchmil réside, avec sa femme et son enfant, alors que les combats entre Russes et Ukrainiens font rage, à 100 kilomètres de là.

Dimanche, l’homme qui a terminé sa carrière au sein de l’équipe Lotto a fait part de son inquiétude à Johan Museeuw au téléphone. “Je me trouve près de la zone de combat. Pour le moment c’est calme. Pour être honnête, je ne me sens pas personnellement en danger.”

Andreï Tchmil a par contre préféré que sa femme – qui est enceinte – et son fils de 1 an se réfugient en Roumanie. “Ma femme est très angoissée. Elle n’arrivait pas à rester calme, elle pensait à toutes sortes de choses. Je pensais que c’était mieux pour elle d’être loin du danger, à 250 kilomètres d’ici, de l’autre côté de la frontière avec la Roumanie”.

De son côté, Tchmil va rester à Chisinau, pour continuer à s’occuper de son magasin de vélos. “Je vais soutenir mes employés. Cette fabrique est ma fierté et je veux veiller à ce que tout le monde soit payé jusqu’au dernier centime”. Dans son magasin, celui qui a été naturalisé Belge en 1998 ne vendra plus de vélos. Pour autant, il refuse de mettre son personnel à la porte. “Je ne veux laisser tomber personne. J'espère que rien ne va nous arriver, car nous sommes comme un bateau à la dérive en ce moment”.

“Chisinau se trouve à 185 kilomètres d’Odessa. Nous sommes à 75 kilomètres de la Transnitrie, où l’Ukraine détient un important aéroport militaire. Aujourd'hui, les Russes y seront. La frontière est proche, et quand quelque chose se passe en Ukraine, c’est un peu comme si c’était aussi en Moldavie”.

Constatant que la Moldavie n’a pas d’armée et que le pays adopte une position neutre dans le conflit, Andreï Tchmil a aussi décidé de prendre les armes. “Je ne sais pas si je serai encore là demain”, confiait-il à Johan Museeuw ce dimanche. “Si ça tombe les Russes vont envahir la Transnitrie, qui se trouve à trois quartiers d’ici. Je vais me battre”.

C'est dans une vidéo postée sur Facebook que Johan Museeuw a relaté la conversation téléphonique qu’il a eue avec son ami, avec qui il restait en contact ces dernières années.

“Il m’a dit ‘Johan, je voulais encore t’entendre une fois. Je ne sais pas si je serai encore là demain ou après-demain. Je l’espère, en tout cas et je t’embrasse bien fort’”.

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