Légales, les prises de sang ?

LIÈGE On plaidera ce jour devant le tribunal des référés dans l'affaire Andreï Kashechkin. Le juge devra dire si l'Union cycliste internationale (UCI) a le droit d'effectuer des contrôles sanguins (qui, dans le cas du coureur kazakh, fut révélateur d'une transfusion homologue de sang). C'est en fait tout le système des contrôles antidopage qui est en jeu. L'athlète de haut niveau doit-il indiquer où il se trouve à tout moment pour qu'il puisse être contrôlé ?

De plus pour Me Misson, défenseur de Kashechkin, ces contrôles et prises de sang sont "une ingérence dans la vie privée qui ne peut légalement être effectuée uniquement par les autorités publiques, ce que ne sont en aucun cas les autorités sportives."

L'avocat liégeois, conséquent avec lui-même, estime que le passeport biologique qui va être imposé aux cyclistes est tout aussi illégal. Dans l'affaire Kashechkin, il basera essentiellement son argumentation sur l'article 8 62 de la Convention de sauvegarde des Droits de l'Homme (NdlR : qui dit en gros que l'ingérence de l'autorité publique dans la vie privée doit être prévue par la loi). Andreï Kashechkin ne "lâchera pas facilement le moreau."

Me Misson a prévenu : si nécessaire, l'affaire sera l'objet d'un appel puis, le cas échéant, d'un pourvoi en cassation. Si le Kazakh n'obtient pas gain de cause, l'affaire sera portée devant la Cour des Droits de l'Homme à Strasbourg.

Du côté de l'UCI, défendue par Me Hordies, on mettra en avant le fait que les autorités sportives veulent un sport propre et que, jusqu'à nouvel ordre, les contrôles antidopage constituent le seul moyen pour tenter d'y arriver. Les plaidoiries s'apparenteront à un marathon aujourd'hui. On plaidera le matin puis, exceptionnellement, l'après-midi. Le prononcé serait rendu dans une quinzaine de jours.



© La Dernière Heure 2007