Andreï Tchmil s'inquiète de l'après Museeuw

Cyclisme

Philippe Van Holle

Publié le

Andreï Tchmil s'inquiète de l'après Museeuw
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Son analyse: «Le cyclisme belge n'est pas en crise mais les marques ont pris davantage d'importance»

BRUXELLES Le dernier week-end de course s'est achevé sans victoire belge, ce qui n'était plus arrivé depuis 94, lorsque Michele Bartoli l'avait emporté à la Flèche Brabançonne et... Andreï Tchmil (alors détenteur d'un passeport russe) avait gagné le Grand Prix de l'E 3. C'est précisément au jeune retraité du cyclisme que nous avons demandé d'analyser cette situation que certains ont jugée préoccupante. Son avis, à ce propos, est tranché.

«Il ne faut pas dramatiser, explique-t-il d'emblée, le cyclisme belge n'est pas en crise. Cette absence de victoire belge, le week-end passé, n'est qu'un simple accident de parcours, même si je trouve que les jeunes Belges doivent précisément se montrer plus entreprenants dans ce genre de course de 200 km, ouverte aux velléités de tous. Ceci dit, il ne faut pas perdre de vue que le monde du cyclisme a un peu changé ces dernières années. Avec l'internationalisation de notre sport, les intérêts des marques prennent le pas sur la nationalité. Ainsi, chez Quick Step, par exemple, on est parfaitement heureux lorsque Bettini s'impose à Milan-Sanremo. D'autre part, il me semble que l'on est en même temps revenu à une époque où toute une équipe se mobilise autour d'un ou deux leaders. Quand ceux-ci sont hors forme, blessés ou malades, les équipiers sont perdus. C'est un peu le cas chez Lotto actuellement.»

Pour les courses flamandes, son avis sur...

Tom Boonen. «Il a tout pour réussir, mais il ne faut surtout pas trop attendre de lui maintenant et le pousser à brûler les étapes!»

Jo Planckaert. «Il doit faire son examen de conscience, déterminer une fois pour toutes les courses qu'il est capable de gagner et mieux cibler ses objectifs. Ceci dit, il a terminé un jour 2e à Roubaix, c'est qu'il a des capacités élevées...»

Serge Baguet. «S'il veut être un bon leader, il ne doit pas faire travailler son équipe s'il ne se sent pas bien, ce qu'il a apparemment fait ce week-end. Mais lui aussi est capable de beaucoup.»

Nico Mattan. «Ses qualités ne se discutent pas, mais son équipe lui met la pression en en faisant un leader. Pour être leader, il faut gagner! Cofidis a de bons coureurs pour toutes les courses mais il lui manque une figure emblématique. En outre, le système de rémunération aux points UCI fait que les gars chassent davantage les points que les victoires...»

Tom Steels. «Je lui souhaite de tout coeur de revenir dans le coup. Passer d'une équipe mondiale à une plus petite formation n'est pas simple. Il ne sera jamais emmené de la même manière pour un sprint. Dans ces conditions, je ne le vois plus remporter 4 étapes à Paris-Nice par exemple. Mais gagner un sprint de temps à autre, oui.»

Dave Bruylandts. «Je le vois faire sa meilleure saison cette année. Je suis, par la force des choses, très en contact avec lui. Il va trouver sa vraie dimension et confirmer ses grandes capacités. Je me souviens l'avoir vu démoraliser complètement Bartoli au Mondial de Plouay lorsqu'il avait répondu, avec une incroyable facilité, à un démarrage de l'Italien à deux tours de l'arrivée. Il a déjà appris à raisonner avant d'attaquer. C'est un actif, un combattant, il le restera tout en exploitant mieux son potentiel. Il avait également tendance à trop en faire à l'entraînement, consumant ainsi sa condition au lieu de l'allonger! On a corrigé ça.»

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