"Je suis un battant. J'ai grandi comme un battant. Et surtout j'aime gagner, plus que tout. Je ne supporte pas l'idée de perdre. Pour moi, ça équivaut à la mort." Devant la caméra d'Alex Gibney, Lance Armstrong se confie. Le Texan devait bien ça à un réalisateur auquel il avait menti, comme à tous les autres, lors de son retour à la compétition en 2009.

À l'époque, le jeune réalisateur souhaite filmer un documentaire sur le deuxième come-back de la carrière du septuple vainqueur déchu du Tour de France, remonté en selle pour un ultime défi en 2009. Quatre ans plus tard, sur le clinquant plateau de la célèbre Oprah Winfrey, tout s'écroule. Armstrong avoue avoir triché et menti pendant toutes ces années, et le documentaire de Gibney n'a plus aucun sens.

Sauf que six semaines plus tôt, LA avait contacté le réalisateur pour lui expliquer les révélations qu'il comptait faire. C'est alors que Gibney change sa caméra d'épaule, et lance The Armstrong Lie. Un film qui ne racontera plus seulement le come-back, mais l'imposture du champion déchu, et la descente aux enfers qui s'en est suivie. Avec l'accord d'Armstrong, qui s'est confié dans des séances de questions-réponses pauvres en révélations fracassantes, mais extrêmement riches pour comprendre la logique suivie par le Texan.

"J'étais absolument sûr que je ne serais jamais pris", voit-on Armstrong dire dans la bande-annonce. Trop influent, trop persuasif. Et puis, son histoire était trop belle. Celle d'un rescapé du cancer, qui avait connu la vraie souffrance, tutoyé la mort avec son regard glacial. Alors, pour lui, qu'étaient ces quelques heures de souffrance à bicyclette? Et surtout, pourquoi lui, le héros, le survivant, irait-il risquer une nouvelle fois sa vie en ayant recours au dopage?

C'est ce faux Armstrong, l'athlète propre et intègre, que le vrai Lance a défendu pendant toutes ces années, dans une sorte de jeu de rôle permanent. Avant d'arrêter les frais, parce que "l'histoire n'était plus crédible".

Pour découvrir le film chez nous, il faudra attendre le mois de juin prochain. Quelques jours avant le départ du Tour. Même au fond du trou, Armstrong a toujours le sens des affaires.