Basso, un premier sacre tranquille

Cyclisme

Julien Gillebert

Publié le

Basso, un premier sacre tranquille
© AP
Tour d'Italie
Forster a gagné le sprint de Milan tandis que l'Italien a remporté sans trembler le Giro

MILAN Le Tour d'Italie 2006 s'est donc terminé dans les rues de Milan, hier, par le traditionnel critérium qui voit les porteurs de maillot distinctif poser pour les photos, une coupe de champagne à la main. On y voyait Savoldelli avec le maillot du grand combiné, Garate avec celui du meilleur grimpeur, Ivan Basso avec un maillot rose que personne n'a pu lui contester depuis sa prise de pouvoir au Passo Lanciano et Bettini avec le maillot cyclamen.

Mais ce dernier ne l'avait pas encore remporté, ce classement par points, puisque Basso en était aussi le leader, preuve de sa suprématie, puisque le Varésan avait remporté samedi sa quatrième victoire d'étape (en comptant le clm par équipes). Mais Paolo Bettini a finalement été chercher ce classement par points, en terminant 4e de l'étape finale, remportée au sprint par l'Allemand Robert Forster.

Scénario classique de fin de Tour, pour un Giro qui promettait monts et merveilles, avec un parcours très dur, mais qui n'a finalement pas été passionnant, rappelant même les schémas des derniers Tours de France, avec un coureur au-dessus du lot. Ivan Basso, très autoritaire dès la deuxième semaine de course, avait, en effet, la même aisance dans les cols que Lance Armstrong, avec ce coup de pédale si léger, un visage qui ne grimace pas et une impression de facilité, puisqu'il était le seul à pouvoir faire du sans-main dans les ascensions pour ajuster son maillot rose ou régler son casque... Cette impression de facilité est confirmée par les écarts (9:18 sur le surprenant Gutierrez, et il faut remonter à 1965 et les 11:26 d'avance d'Adorni sur Zilioli pour trouver un écart supérieur).

Mais tous les rivaux de Basso, qui étaient pourtant nombreux au départ de Seraing, ont été impuissants face au coureur de la CSC, qui remporte son premier tour, lui qui avait été meurtri par sa défaillance l'an passé dans le Stelvio, alors qu'il avait le maillot rose sur le dos.

Simoni: «Basso a voulu me vendre l'étape»

Di Luca n'a jamais été capable d'assumer ses ambitions, Cunego ne s'est jamais remis d'avoir été contré sèchement par Basso au Lanciano, Savoldelli a été gêné par des problèmes d'allergie mais ce Giro était sans doute trop difficile pour lui, tandis que Rujano est venu en dilettante, pensant plus au Tour...

Le seul à tenir son rang a été Simoni, 3e. Mais le leader de la Saunier Duval a jeté un froid, ce week-end, en affirmant que Basso lui avait demandé de l'argent pour lui laisser la victoire de la 20e étape, alors que les deux hommes étaient échappés. «Il m'a proposé de l'argent pour me laisser gagner mais je n'ai jamais demandé de faveur», explique Simoni. «Je ne veux pas faire la paix avec Basso, qui n'est plus un ami.»

Basso a démenti, lui qui avait laissé gagner Piepoli (17e étape). Mais Simoni, qui avait été lâché par Basso dans «son Monte Bondone», illustre l'irritation du peloton devant la suprématie du maillot rose...

© Les Sports 2006

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