L'Italien est bien décidé à faire la preuve de son innocence et... à gagner dimanche


STUTTGART Quand on entre dans l'hôtel de l'équipe italienne, impossible de passer à côté du poster, immense, représentant la photo d'arrivée, l'an dernier, au mondial de Salzbourg. L'expression de Bettini, vainqueur, est saisissante de réalité. Inutile de dire que celle que présentait l'Italien hier soir n'avait rien à voir avec celle-là.

Certes, le petit Toscan affichait bien un sourire qui se voulait convaincant mais on se doutait que l'heure était grave. D'ailleurs, l'entrée en matière de Bettini donna tout de suite le ton. "Je vois plus de journalistes ce soir que lors de mes dernières victoires." Oui le ton était donné. Il faut dire que la pression était énorme sur le leader de l'équipe transalpine.

Mis en cause à la fois par les organisateurs de Stuttgart (qui lui reprochent de ne pas avoir signé la fameuse charte exigée par l'UCI à la veille du Tour de France) et par la télévision allemande ZDF (qui prétend détenir un document dans lequel Patrick Sinkewitz, positif à la testostérone juste avant le Tour 2007 et exclu de la Grande Boucle, dirait que c'est Bettini qui l'aurait initié au dopage et lui aurait fourni notamment en Testogel, un produit dopant), Bettini tenait à mettre les choses au point. "Il faut savoir que j'ai signé une partie de la charte, celle qui correspond au respect de l'éthique et au fait de céder son ADN au cas où ce serait nécessaire, disait le petit Italien. Mais je ne suis pas d'accord de verser un an de salaire en cas de test positif, car cela n'a absolument rien à voir avec l'éthique. Aujourd'hui, les organisateurs allemands veulent m'interdir de départ (par une action en justice), mais ils n'en ont pas les moyens légaux, car cette charte n'a aucun pouvoir légal précisément. Et l'UCI l'a toujours su; elle l'a encore reconnu ce jeudi par l'intermédiaire de son président Pat McQuaid."

Reste donc l'affaire Sinkewitz, sortie par la télévision allemande. "Là, tout est encore plus clair, poursuit Bettini manifestement piqué au vif. J'ai eu Sinkewitz au téléphone et il m'a affirmé qu'il n'a jamais été question de moi dans ses déclarations, que mon nom n'avait même jamais été mentionné. Son avocat a, ce jeudi, rédigé un communiqué officiel en ce sens. Il n'y a donc pas d'affaire Bettini-Sinkewitz."

Sous la pression de l'adjointe au maire de Stuttgart, Madame Suzanne Eisenmann, Bettini a eu hier un contact téléphonique avec la police locale. "Mais là, non plus, il n'a jamais été question de m'empêcher de prendre le départ, dit Bettini. Je serai bien là, dimanche. Et plus motivé que jamais. Ce soir, j'irai me coucher, je dormirai bien et, demain (donc ce matin), je me lèverai l'esprit serein et uniquement préoccupé par la course."

Ca c'est encore à voir. Impossible, selon nous que cette affaire ne l'ait pas diminué moralement, lui rongeant une partie de son énergie. Attention toutefois, Bettini est une bête blessée, et l'on sait ce que cela veut dire...



© La Dernière Heure 2007