À la blague, certains, dimanche, l’appelaient Tom Poulidor

MEERBEKE Deuxième à Milan- Sanremo, deuxième à l’E3, deuxième au Tour des Flandres, ça commence à faire beaucoup ! Et faut-il aussi rappeler son premier accessit derrière Gilbert à Paris-Tours l’an dernier ?

De là à ce que l’on commence à l’appeler Tom Poulidor, il y a un pas que certains commençaient déjà à franchir. “Oh, Poulidor a été deuxième pendant quinze ans, disait Patrick Lefevere en souriant. Et je crois qu’on ne doit pas oublier le palmarès de Tom. Des victoires, il en a quand même déjà quelques-unes !” Qui plus est, sa carrière est loin d’être terminée.

Boonen lui-même ne faisait pas une montagne de cette nouvelle deuxième place. “Vous pouvez au moins écrire que je suis le coureur le plus régulier du moment”, nous lançait-il avec humour. “Plus simplement, il n’y a, je pense, aucune honte à subir la loi du plus fort. À l’heure actuelle, je crois que Fabian (Cancellara) est en train de vivre la plus belle période de sa vie de coureur. Il n’y avait rien à faire contre lui ce dimanche, même si je regrette d’avoir ressenti des crampes sous le genou droit peu avant son démarrage. C’est la raison pour laquelle j’abordais ce passage du Mur en tête, afin de contrôler un peu le Suisse. Quand il a accéléré, je ne pouvais rien faire, il fallait que ces crampes passent. D’ailleurs, elles ont assez rapidement disparu, mais Fabian ne m’avait pas attendu. Il n’est pas pour rien le meilleur rouleur du peloton.”

Les routes pavées de Roubaix devraient encore mieux lui convenir. Boonen serait-il déjà résigné pour l’Enfer du Nord devant l’omnipotence de Cancellara ? “Jamais” , fuse la réponse du champion de Belgique. “Dimanche, on assistera à une autre course. Je suis de ceux qui se rebiffent car gagner est ma seule motivation.”

Un champion ne présente pas l’autre joue quand il a reçu une gifle. Pourtant, Cancellera peut-être qualifié de spécialiste de la classique des pavés…

Tout comme Boonen, évidemment. “Il n’est pas du tout dit qu’il pourra rééditer pareille démonstration” , s’empresse de dire Boonen comme pour se convaincre. Espérons-le pour lui mais peut-être faudrait-il envisager d’encercler le Suisse afin de faire vaciller le gladiateur qu’il est. “Ça, je n’y crois pas du tout”, conclut-il. À Roubaix, “les plus forts finissent toujours par émerger.”



© La Dernière Heure 2010