Vainqueur de la Classique des Deux capitales, Tom Boonen est en grande forme, à deux semaines d’un rendez-vous qu’il a préparé cette semaine

BRUXELLES Tom Boonen a prolongé sa série de succès en s’imposant hier, au bout de l’Avenue Houba de Strooper, à Bruxelles, où, à l’ombre du stade Roi Baudouin, le Campinois a enlevé la 92e édition de Paris-Bruxelles (1.HC). Le champion de Belgique a ainsi ajouté à son palmarès, pourtant très impressionnant, une classique qui jusqu’ici lui faisait défaut.

“J’avais fini deuxième une année (NdlR : en 2006 derrière Robbie McEwen), mais je ne l’ai pas souvent courue non plus” , souriait-il à sa descente du podium. Il est vrai que les dernières années, le Campinois était soit blessé, soit à la Vuelta. Hier, au terme d’un très long sprint, durant lequel il a fait preuve de sang-froid, de sens tactique et affiché toute sa puissance retrouvée, Tornado Tom s’est imposé devant l’Australien Mark Renshaw et Oscar Freire, qui s’est montré incapable de le remonter dans cette arrivée en très légère montée et face au vent. Après sa victoire dans la World Ports Classic (ainsi que dans sa première étape), le week-end précédent, le coureur d’Omega Pharma-Quick Step confirme donc qu’il est revenu dans une excellente condition, à exactement deux semaines du championnat du monde.

“Je savais que j’étais en forme” , poursuivait le Flamand. “Je ne suis pas encore à cent pour cent, il reste deux semaines pour Valkenburg. Mercredi, je disputerai encore le Grand prix de Wallonie puis, dimanche prochain, le mondial de contre-la-montre par équipes. Mais cette victoire à Paris-Bruxelles me fait plaisir, elle me montre aussi que j’ai bien récupéré de ma semaine d’entraînement intensif” .

Car, trois jours avant de gagner Paris-Bruxelles, Tom Boonen a tout simplement effectué l’intégralité du championnat du monde… à l’entrâinement. “J’ai roulé le mondial mercredi” , rigolait-il encore. “Derrière moto, dans une situation de course, mais à 41 km/heure de moyenne. Lors des dix tours de circuit (NdlR : qui sont précédés d’une partie en ligne de cent kilomètres dans le Limbourg néerlandais), j’ai à chaque fois flambé dans le Cauberg, pour bien me rendre compte de ce qui nous attend en course.”

Hier, le triple vainqueur du Tour des Flandres et quadruple lauréat de Paris-Roubaix a préféré jouer la carte du sprint. “On sait que neuf fois sur dix, c’est comme cela que se termine Paris-Bruxelles” , expliquait encore l’ancien champion du Monde. “On a donc contrôlé, mes hommes ont donné un tempo très élevé dans la finale, ce qui a fait sauter les Rabobank qui lançaient le sprint pour Renshaw. Bos s’est retrouvé très tôt en tête, face au vent. Il a calé et Renshaw l’a payé ensuite…”

Au lendemain du succès de Philippe Gilbert à la Vuelta et de la 2e place de Greg Van Avermaet au GP de Québec, Tom Boonen est, lui aussi, au mieux, les Belges pourraient bien être les hommes à battre au Championnat du monde. “On a une équipe très forte, on est prêt, ce serait super de ramener le maillot avec nous” , se félicitait Boonen. “Il n’y aura pas de problème tactique entre Philippe et moi. Je sais ce que je dois faire, suivre le plus possible jusqu’au dernier tour.”



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