Tarnado Tom a effectué un retour gagnant sur Paris-Nice

PARIS Désormais, c’est sûr, Tom Boonen est de retour. L’ancien champion du monde s’est imposé hier, à Orléans, où, jusqu’ici seuls des champions avaient gagné sur Paris-Nice, René Le Grèves à l’époque héroïque, Eddy Merckx, Mario Cipollini et, le dernier, Wilfried Nelissen.

Mais hier, il ne fut pas question d’un véritable sprint massif en bordure de la cité de Jeanne d’Arc. C’est en effet un groupe de vingt et un coureurs qui se présenta sur la ligne d’arrivée, les rescapés d’une bordure initiée à mi-étape, juste au ravitaillement, par l’accélération de ce vieux briscard d’Andreas Klier.

La plaine de la Beauce, qui en a vu plus d’une par le passé, et notamment sur la Course au Soleil , fut ensuite le théâtre d’une jolie partie de manivelles, le peloton ayant éclaté en cinq groupes, reconstitués ensuite en trois.

Après deux jours, le champ des vainqueurs potentiels est donc réduit à une demi-douzaine de coureurs tout au plus, Bradley Wiggins en tête, lequel a détrôné Gustav Larsson surpris par l’offensive comme beaucoup. Le Britannique, qui s’est permis le luxe d’enlever le sprint bonifications devant Valverde et Monfort, porte le maillot jaune.

Il ne va pas être facile de le lui ravir même si Leipheimer, Van Garderen, Chavanel, Monfort, Westra et Valverde n’ont pas encore perdu.

“Ce fut une journée difficile, avec la pluie dans les 35 derniers kilomètres qui nous a glacés” , affirmait le Campinois de retour sur Paris-Nice après avoir préféré quatre fois Tirreno à l’épreuve française. “Heureusement qu’il n’a pas plu toute l’étape, sinon, ç’aurait été vraiment un jour en enfer. Mais les plus forts étaient devant.”

De fait, Martin, le vainqueur sortant, les Schleck, Basso, Coppel, Sanchez, Klöden, Cunego ou Menchov ont d’ores et déjà abdiqué tout espoir de gagner dimanche prochain la 70e édition de Paris-Nice.

“Au début, nous avions raté la bordure, Tom, Levi (Leipheimer) et moi” , témoignait Sylvain Chavanel, lequel avait pris, dans la finale, le relais de Leipheimer et idéalement préparé le sprint victorieux de son ami flamand jusqu’à la flamme rouge, avant que Nikolas Maes ne l’emmène jusqu’aux deux cents mètres. “Nous ne nous sommes pas affolés, on est rentré assez facilement. Après, c’était parti.”

Il fallait pourtant que les Omega Pharma-Quick Step, les mieux représentés dans le groupe de tête (quatre sur 30, puis sur 21 après qu’une chute de Björn Leukemans a éliminé quelques malchanceux), concrétisent encore leur domination.

“Notre réussite actuelle, ce n’est pas que l’arrivée de nouveaux dans l’équipe” , expliquait encore Boonen, vainqueur hier de son cinquième succès de la saison, sa sixième étape sur Paris-Nice et de sa centième course UCI. “Nous étions trois anciens parmi les quatre. Mais on a eu beaucoup de malchance les années dernières.” Lui-même est transfiguré.

“J’ai beaucoup travaillé cet hiver” , sourit-il. “En janvier, je sentais déjà que ce serait une grande année. Mais ce n’est pas pour cela que je gagnerai nécessairement des classiques.”



© La Dernière Heure 2012