Le champion du monde a accueilli hier la presse, dans son fief, à Mol

MOL Tom Boonen est traité comme un véritable roi dans sa région. D'Anvers à Mol, nous avons compté pas moins de 7 affiches, le long de l'autoroute, représentant le champion du monde sur des panneaux de 20 m2, incitant non seulement les enfants à rouler à vélo en toute sécurité mais aussi les adultes à respecter les limitations de vitesses. «Quand je conduis ma Corvette, je lève automatiquement le pied lorsque j'en vois une», remarque en riant le double vainqueur du Tour des Flandres.

Le ton est donné. Décontracté, comme d'habitude. On sent, du reste, que Boonen est content de revoir les journalistes (quelle différence avec certains autres coureurs- vedettes du passé!). C'est pour lui le signe que les choses sérieuses recommencent. Après 41 jours sans course, le champion du monde est en effet à nouveau à pied d'oeuvre. Demain commence le Tour de Belgique, qui constitue l'amorce de sa deuxième partie de saison. Jusqu'au Tour de France, il participera encore à Veenendaal-Veenedaal, au Tour de Suisse et au championnat de Belgique à Anvers. Juste après le Tour de Belgique, il prendra un jet privé, en compagnie de quelques équipiers, pour aller reconnaître l'une ou l'autre étape alpestre du Tour. Voilà une chose qu'il n'avait jamais faite auparavant! Aurait-il une idée en tête?« Non, non, répète-t-il avec insistance à notre endroit. N'allez surtout pas chercher midi à quatorze heures! Je ne me suis pas fixé l'objectif de gagner une étape de montagne! J'avais simplement envie de m'entraîner dans les cols. C'est toujours excellent pour la condition générale.»

«Zabel est mon plus dangereux rival pour le maillot vert!»

Après les classiques de printemps, le Tour de France constitue manifestement le deuxième objectif avoué du champion du monde. «Ce n'est évidemment pas la même chose que les importantes courses d'un jour de mars et d'avril, reconnaît Boonen, mais le Tour en lui-même est tellement porteur que, avec mes qualités, il constitue de facto un but.»

Celui de Boonen, cette année, sera double. Il semble en effet avoir jeté son dévolu sur deux des maillots distinctifs: le jaune, du classement général, et le vert, du classement par points.

«C'est toujours un honneur de porter le maillot jaune et je crois que, cette année, toutes les circonstances pourraient être réunies pour que je puisse passer quelques jours en tant que leader général du Tour de France. Le prologue tout plat me convient parfaitement et, ensuite, qui sait? Il suffirait de quelques bonifications récoltées au sprint pour que le rêve devienne réalité.»

Pour Tom Boonen, cependant, le véritable enjeu de ce Tour de France sera d'une autre couleur. Car c'est le vert, évidemment, qu'il vise vraiment. On se souvient que, l'an dernier, il était en tête du classement de meilleur sprinter, lorsqu'il avait dû jeter l'éponge, à cause d'un genou défaillant, et passer la précieuse tunique à Thor Hushovd, qui la gardera jusqu'à Paris, sans pourtant remporter la moindre étape.

«Cette fois, j'espère qu'il en ira autrement, poursuit le champion du monde, je me sens en tout cas capable de relever ce challenge. Toutefois, en l'absence de Petacchi, je connais déjà celui qui sera mon plus rude adversaire: Erik Zabel, qui, l'espace d'une seconde lorsqu'il a appris l'accident de l'Italien, a dû se sentir soulagé en fonction du Tour! Erik a fait de ce maillot vert un véritable défi. Toute l'équipe (Milram) roulera pour lui; il y a bien 7 ou 8 ans que cela ne lui est plus arrivé! McEwen, par contre, est davantage un concurrent pour les victoires d'étape. Zabel, lui, est toujours régulier mais a besoin d'un vrai concours de circonstances pour remporter un succès.»

On le sent, Boonen a déjà presque envie d'y être. Et peut-être pourra-t-on d'autant mieux le distinguer dans les sprints du début du Tour qu'il aura peut-être, entre- temps, conquis le titre de champion de Belgique (avec le maillot tricolore qui l'accompagne), le 25 juin prochain, dans sa chère province d'Anvers!

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