Cyclisme

L’ancien boss de Lance Armstrong revient sur son rôle dans l'Affaire Armstrong.

Mentor de Lance Armstrong et ancien directeur sportif chez US Postal, Johan Bruyneel est désormais suspendu à vie et persona non grata dans le monde du cyclisme. Dans les colonnes de nos confrères hollandais du Telegraaf, le Belge s'est confié sur ce scandale majeur qui a secoué le peloton entre 1999 et 2005 et qui a vu Armstrong être dépossédé de ses 7 couronnes et banni du palmarès du Tour de France.

Désormais âgé de 54 ans, l'ex sulfureux manager de l'équipe américaine US Postal assume certaines responsabilités mais refuse d'être perçu comme l'architecte de l'affaire Armstrong. Morceaux choisis.

Sur l'EPO. "Comme coureur, j'étais moi-même un professionnel de l'ère EPO. À l'époque, ce produit se révélait tout simplement indétectable et se trouvait facilement. Soudainement, les gars roulaient 5 km/h plus vite, en vous renseignant un peu, vous découvriez rapidement quels produits faisaient la différence."

Sur le système de dopage organisé. "Personnellement, j'ai un problème avec cette conclusion qui souligne qu'un programme de dopage existait au sein de notre équipe. Il faut savoir que durant ces années, si les coureurs ne bénéficiaient d'aucune surveillance médicale de la part de l'équipe, ils trouvaient de l'EPO par leurs propres moyens. Des charlatans comme Eufemiano Fuentes sont apparus. Sinon, beaucoup s'injectaient de l'EPO eux-mêmes, que l'on pouvait trouver à la pharmacie dans certains pays. Ce n'était vraiment pas compliqué."

Les deux règles d'US Postal. "Chez US Postal, nous avions deux grands principes. Le premier: ne jamais mettre la santé d'un coureur en danger. Deuxièmement, nos coureurs ne devaient jamais être testés positifs."

Les médecins. "Les médecins cyclistes sont souvent décrits comme des Frankenstein. Mais les médecins que j'ai côtoyés ne faisaient pas des choses étranges."

La méthode. "Pour ne pas se faire détecter, nous avons fixé la limite des taux d'hématocrite à 48. Michele Ferrari était le seul médecin à le garantir."

Sa fierté. "Durant toutes ces années, aucun membre de notre équipe n’a jamais pris de risque pour sa santé."

Son influence. "Avec la main sur le cœur, je peux dire que je n’ai jamais obligé ou encouragé qui que ce soit à faire ou à prendre quoi que ce soit. Les coureurs ont toujours été demandeurs. Nous n'avons jamais menacé quiconque avec un revolver."

Ses responsabilités. "Tout le monde a joué un rôle au sein de la structure de l'équipe. Je savais ce qui se passait, mais je ne parlerai pas des autres. Chacun doit décider de ce qu'il veut bien avouer et assumer sa propre responsabilité. C'est contre mes principes d'évoquer la responsabilité des autres."

Ses conclusions. "Il est vrai que nous avons causé des dommages au cyclisme, je le reconnais. Nous faisions partie d'une génération qui s'est retrouvée avec un produit indétectable entre les mains et qui a trouvé les moyens de l'utiliser. Et c'est un problème insoluble auquel le monde du cyclisme est confronté depuis des années. Si vous vouliez évoluer au plus haut niveau, vous ne pouviez pas vous empêcher de participer. "