Le champion du monde s’impose au sommet du Mur de Huy devant Rodriguez et Contador

HUY Evans, Rodriguez, Contador, les organisateurs de la Flèche Wallonne ne pouvaient pas imaginer plus beau podium pour leur course, dont le parcours avait été profondément remanié cette année. Pourtant, le scénario final fut conforme à l’habitude, un gros peloton se présentant à la flamme rouge.

“Ces modifications n’ont absolument rien changé au déroulement de l’épreuve”, expliquait le vainqueur du jour. “Des ingrédients différents, certes mais toujours la même recette... et 80 coureurs au pied du Mur.”

Pourtant, c’est bien l’Australien qui détenait la recette de la victoire cette année. Aurait-il enfin percé le secret de la Flèche , lui qui collectionna littéralement les places d’honneur, à Huy, ces dernières années ?

“Je ne pense pas qu’il y ait de secret pour s’imposer ici”, confiait Cadel Evans, qui a toujours autant de difficulté – sans doute par timidité – à regarder ses interlocuteurs dans les yeux. “Simplement, il faut de la chance et, peut-être aussi, veiller à ne pas se laisser enfermer à l’entame de la dernière bosse.”

Pour le reste, l’Australien confiera encore qu’il a suivi une préparation différente en vue d’être performant au Tour d’Italie et que cette Flèche constituait également un test avant le Giro. “Je suis content de constater que la forme est là et bien là. Je ne sais pas si le maillot arc-en-ciel y est pour quelque chose, comme beaucoup le prétendent. Ce qui est sûr, en revanche, c’est que le regard des autres par rapport à moi n’est plus le même, ce qui n’est d’ailleurs pas forcément sain tous les jours. Mais ça, c’est une autre histoire.”

Une histoire récurrente, par contre, dans le chef d’Evans, est la petite pique qu’il ne peut s’empêcher de lancer à son ancienne équipe (Lotto) à chaque fois qu’on lui en donne l’occasion. “Chez BMC, je me sens plus frais, plus concentré, mieux soutenu.” Mieux payé sans doute aussi... On lui demande alors s’il ne se sentait pas soutenu chez Lotto et la réponse fuse : “Je n’ai pas dit ça”, conclut-il avec un sourire qui en dit long sur ses pensées. Il y a vraiment des choses qu’on ne sait pas mais qui ont dû se passer et... passablement irriter l’Australien pour qu’il distille ainsi, régulièrement, ses petites vérités.



© La Dernière Heure 2010