Rencontre avec le patron du Tour et des deux classiques wallonnes

LIÈGE Ne pensez pas que Christian Prudhomme, le patron des classiques wallonnes et du Tour de France, profite des trois jours entre la Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège, pour faire du tourisme en Wallonie. Entre deux réunions de travail, des rencontres avec les différentes parties du microcosme cycliste, une inauguration ou un dîner officiel, le directeur général d'ASO trouve encore le temps d'accorder des entretiens.

Évoquons d'abord la Flèche : son déroulement et son épilogue vous ont-ils plu ?

"Bien sûr. C'est d'ailleurs assez marrant, mais nous dormions la nuit de mardi à mercredi à Wépion. La seule équipe qui était dans notre hôtel, c'était Diquigiovanni et le seul coureur auquel j'ai dit bonjour au petit déjeuner, c'était précisément Rebellin."

Qu'en pensez-vous ?

"Il m'impressionne par sa longévité, par sa constance et par ses résultats. Gagner la Flèche, avec cette arrivée si particulière, c'est incroyable. Ce Mur de Huy est formidable. C'est le plus long sprint de la saison. Pour moi, c'est le dernier kilomètre le plus marquant de l'année, avec celui de l'Avenue de Grammont, à Paris-Tours. Pour en revenir à la Flèche, le podium est exceptionnel, même le Top 5. J'ai toutefois un petit regret, celui de voir Cadel Evans toujours là, au Tour, dans les classiques, mais qui ne gagne pas. Il le mériterait. Cela dit, je le répète, chapeau Rebellin !"

Vous aviez eu le nez fin en invitant son équipe...

"C'est en effet pour lui que nous avons invité son équipe. D'ailleurs, je remarque que les autres formations invitées, comme Skil avec Beppu, Agritubel avec Moreau puis Lelay, se sont montrées."

Dimanche, c'est Liège-Bastogne-Liège, encore un cran au-dessus.

"C'est une course exceptionnelle, un monument, un de ces moments de la saison qui me donne la chair de poule. L'introduction, l'an dernier, de la côte de la Roche aux Faucons a été bien appréciée. Il y a trois ans, nous avions réintroduit la trilogie des côtes, Wanne, Stockeu et Haute Levée que réclamaient Eddy (Merckx) et d'autres. Cette fois, le parcours reste inchangé. Liège-Bastogne-Liège est un bijou, on ne peut pas le bouger de manière radicale, mais bien par petites touches."

Avec Philippe Gilbert, un Wallon figure au nombre des favoris cette année.

"Je lui souhaite d'être devant, de réussir un bon résultat, après son brillant Tour des Flandres et une excellente Amstel. Si j'ai bien vu, Silence-Lotto a gagné deux courses cette année. C'est une grande équipe qui a deux beaux atouts avec Gilbert et Evans, je leur souhaite que l'adage : Jamais deux sans trois se concrétise dimanche."

Comment voyez-vous la course se dérouler ?

"Je m'attends à voir devant les mêmes coureurs que mercredi à Huy, mais pas avec le même scénario. À la Flèche, les favoris finissent aux premières places, mais on ne les voit guère devant avant la dernière montée, tandis qu'à Liège, c'est différent, ils doivent se dévoiler bien avant."



© La Dernière Heure 2009