L'Espagnol a privé de peu l'Allemand d'un succès dans l'antre de son sponsor

Envoyé spécial en Allemagne Éric de Falleur

HAMBOURG Les organisateurs de la Cyclassics d'Hambourg ne rêvaient sans doute pas plus beau podium, mais bien sûr, ils auraient préféré qu'Erik Zabel monte sur la plus haute marche. L'Allemand, 36 ans, a échoué de très peu (il a fallu avoir recours à la photo finish) et manqué de remporter une neuvième classique (quatre Milan-WSanremo, deux Paris-Tours, une Amstel et la Cyclassics figurent à son palmarès) et Zabel aurait d'autant plus volontiers remporté la victoire que le siège de son employeur, la coopérative laitière Milram, est situé à une cinquantaine de kilomètres d'Hambourg à peine et que les fermes productrices se trouvent dans la région environnante. "Vous êtes quelqu'un de sympa, pourquoi n'avez-vous pas laissé gagner Erik ?" , demanda-t-on en rigolant à Oscar Freire après la course. Car l'Espagnol s'était montré le plus rapide, devançant de peu Zabel comme il l'avait fait, il y a deux ans, sur la Via Roma lorsqu'il était venu sauter in extremis l'Allemand. Cette fois encore, le sprint fut serré et un troisième larron y joua aussi les premiers rôles. C'est en effet de très peu aussi que Filippo Pozzato, le vainqueur sortant, a abandonné la victoire. "Je suis triste bien sûr d'avoir été battu" , avouait l'Italien, "mais quand on est devancé par deux champions comme Freire et Zabel, il ne faut pas avoir honte." Comme souvent donc, la classique allemande se termina au sprint et, en l'absence de Pettachi, McEwen et Boonen, Freire était un des principaux candidats. "Pour moi, cette victoire a la valeur d'une de mes étapes au Tour" , expliquait le Cantabrique, heureux papa d'un petit Marcos depuis 15 jours. "Pour le moment, il ne passe pas encore ses nuits. Récemment, il est resté éveillé de minuit à trois heures et j'espérais bien dormir un peu pendant la course, mais ce ne fut pas possible." L'épreuve fila bon train (44,212km/h de moyenne) avec une attaque de 3 hommes, Bodrogi, Sweet et Andriotto, ce dernier éliminé dans un accrochage avec la moto de la télévision à 120 km du but, qui s'octroyèrent un avantage maximal de treize minutes avant d'être repris à une heure de l'arrivée. Peu avant l'avant la dernière ascension du Waseberg (km 223), Philippe Gilbert porta une attaque tranchante. Mais le Wallon, qui espérait du renfort, ne reçut l'aide que de Fabian Wegmann et le tandem dut accepter le retour du peloton à 18 km de l'arrivée. L'attaque de six Italiens (Celestino, Fugueras, Moletta, Rebellin, Paolini et Quinziato) ne put empêcher le succès de Freire.



© La Dernière Heure 2006