Le Tour d’Italie et ses coureurs avaient plongé dans la tourmente

BRUXELLES Dans le sillage du procès retentissant de l’
Le 6 mars avait constitué le premier choc de l’année avec l’annonce de l’arrestation, le 23 mai précédent, de l’Italien Salvatore Commesso (Saeco), victorieux à deux reprises dans le Tour de France en 1999 à Albi et en 2000 à Fribourg-am-Breisgau. En état d’ivresse, “Toto” transportait dans son automobile une grande quantité de produits stupéfiants et notamment de la cocaïne. Il a été suspendu par son équipe, de fait privée du Tour de France, et a repris la compétition durant l’été. Comme si de rien n était.

Arrivée de l’hémoglobine réticulée

Le 13 mars, Marco Pantani avait été entendu à Florence dans le cadre de l’enquête du Comité olympique italien sur le dossier médical du grimpeur italien, un hématologue italien ayant conseillé au sportif de ne pas disputer les Jeux de Sydney en raison d’inquiétantes anomalies sanguines.

Le 16 mars, un pharmacien italien était condamné par le tribunal de Bologne pour “falsification, contrefaçon et vente” de produits interdits. Le 31 mars, des produits dopants sont saisis dans le véhicule du médecin de la formation italo-colombienne Selle Italia-Pacific. Trois coureurs, Chepe Gonzalez, Ruber Marin et Freddy Gonzalez sont mis en examen.

Le 8 avril, jour de la mise en pratique de la méthode française de la détection de l’EPO, un équipier de Pantani, Fabiano Fontanelli, est interdit de Tour des Flandres en raison d’un taux d’hématocrites trop élevé.
Le 9 mai, Sergio Barbero (Lampre-Daikin) est convaincu de dopage à l’EPO dans le Tour de Romandie. Le 3 juin, une centaine de produits pharmaceutiques sont saisis dans le camping-car du beau-père d’Ivan Gotti, double vainqueur du Giro. Tant d’affaires ne pouvaient laisser insensible la police italienne. Le 6 juin au soir, les carabiniers effectuent donc une descente dans l’ensemble des hôtels regroupant toutes les équipes du Giro.

Cette action d’envergure provoque la panique de certains coureurs ou membres d’équipes, tentant de prendre la fuite en sautant des fenêtres. Les 200 policiers saisissent de très nombreux produits dopants. Ils confondent aussi Dario Frigo, porteur du maillot rose, qui détient des capsules d’un produit nouveau, le SR13, hémoglobine réticulée dont les traces ne sont pas retrouvées lors des contrôles antidopage.
Au total, 89 personnes sont mises en examen. Parmi elles, de nombreux sportifs reconnus tels que Jan Ullrich ou Rik Verbrugghe et parfois la totalité des coureurs de certaines équipes (Alessio et Alexia Aluminio). Les coureurs italiens menacent de ne pas terminer le Tour d’Italie, rappelant l’attitude qu’ils avaient déjà adoptée lors du Tour de France 1998. Gilberto Simoni finit par le remporter mais le cyclisme transalpin plonge dans une crise profonde, accentuée par une performance d’ensemble catastrophique dans le Tour de France (aucune victoire d’étape) laissant penser que la domination exercée depuis le début des années 90 était artificielle.