C’est le métier qui rentre. Tous les champions sont passés par là. Cela va l’endurcir. Tous ces commentaires, entendus dans la foulée de cette 11e étape, sont fondés. Certes, Evenepoel a vécu une journée compliquée entre Pérouse et Montalcino mais il peut s’en servir pour préparer l’avenir. De toute façon, comme il le dit, "Milan est encore loin". Et il a raison. Même s’il n’est désormais plus le principal rival d’un Egan Bernal souverain, il peut puiser dans sa volonté la force de croire au podium. Il n’est, en effet, jamais qu’à 1:10 de la troisième place, occupée par l’Italien Caruso. Et les 2:22 de retard qu’il affiche sur le leader colombien permettent de rappeler qu’en 2010, Ivan Basso pointait à deux minutes du leader général après une étape similaire sur les routes blanches de Toscane et qu’il avait fini par gagner le Giro.

Aujourd’hui, on peut, néanmoins, deviner que la victoire finale n’est pas la première pensée qui vient à l’esprit du jeune Brabançon. Qui, faut-il le rappeler, dispute pour la toute première fois une course de plus d’une semaine. "Ce n’était pas une bonne journée pour moi", confirme-t-il. "J’ai beaucoup souffert dans le deuxième secteur empierré. Et, dans le troisième, quand ça a accéléré, j’ai senti que je n’avais plus rien dans les jambes. C’est pourquoi je me trouvais en dernière position. Je n’arrivais tout simplement pas à suivre. Cela fait onze jours de course et mon corps réagit difficilement. C’est assez logique dans la mesure où je suis resté de longs mois sans faire de compétition. C’est sûr que j’avais espéré réussir autre chose, mais je reste septième de mon premier grand tour. Et le chemin jusqu’à Milan est encore long."

Chez Deceuninck-Quick Step, on refuse de se montrer trop déçu. "On savait que cela pouvait être une journée difficile. Ce n’est quand même pas la fin du monde", assure Klaas Lodewyck, le directeur sportif. "Nous ne sommes pas les seuls à avoir perdu du temps. Beaucoup de coureurs ont souffert."

Et de regarder vers l’avant : "La haute montagne doit encore arriver. C’est bien."