Le Belge, parti très tôt, résiste à tous les assauts et endosse le maillot rose

PESCARA Superbe exploit que celui réalisé samedi par Rik Verbrugghe dans le prologue du Tour d’Italie. Le coureur wallon s’est, en effet, imposé à une moyenne-horaire peu ordinaire – près de 59 km/heure – résistant jusqu’au bout aux assauts des autres favoris, qu’il s’agisse du champion du monde de la spécialité Gonchar, d’Abraham Olano ou encore du dernier vainqueur de Paris-Nice et du Tour de Romandie, Dario Frigo.
Rik Verbrugghe était parti parmi les premiers, à un moment où le vent soufflait assez fortement dans le dos des coureurs ce qui explique cette moyenne record, la plus rapide dans l’histoire des prologues des grands tours. D’emblée, on avait deviné qu’il avait réussi une grande performance car ses premiers poursuivants étaient pointés à dix secondes et plus au terme des 8 kilomètres de ce prologue, dessiné le long de la mer. Quand Gonchar, puis Olano sont arrivés, on a pleinement compris la portée de l’exploit du Belge et ce fut finalement Frigo qui se rapprocha le plus de Verbrugghe, échouant cependant à huit secondes !
D’entrée de jeu, l’équipe Lotto, déjà si souvent victorieuse au printemps, justifie sa présence au Tour d’Italie.

23 ans après De Muynck

Le succès d’un Belge dans une étape du Giro ne remonte qu’à l’année dernière, lorsqu’Axel Merckx s’était imposé, le futur champion national mettant alors un terme à treize ans de vaches maigres. Par contre, pour retrouver un Belge porteur du maillot rose, il faut revenir vingt-trois ans en arrière. Il s’agit de Johan De Muynck, en 1978. Le Flandrien s’était imposé cette année-là au classement final et il est évidemment le dernier vainqueur belge du Giro.
Pour Verbrugghe en tout cas, cette saison est réellement exceptionnelle, sa victoire faisant suite à celles obtenues dans le Critérium International (deux étapes et le classement final) en mars et, bien entendu, dans la Flèche Wallonne en avril.
« Ma préparation a été idéale, a confié Rik qui, parce qu’il était parti tôt, a longtemps dû patienter avant que son succès ne soit concrétisé. Au fil du Tour de Romandie, j’ai senti que je montais en puissance. Pendant l’épreuve, j’ai surtout essayé d’enrouler le mieux possible mon énorme braquet, indispensable compte tenu des conditions climatiques favorables. »
Faut-il ajouter qu’il était heureux ? Le rose du Giro, après le jaune du Critérium International en passant par un étourdissant succès sur le Mur de Huy, le jeune homme de Hélécines est réellement comblé…