Rik 5e d’une étape où il fallait éviter, d’abord, de chuter, Casagrande contraint à l'abandon

FRANCAVILLA AL MARE Rik Verbrugghe voit toujours la vie en rose. Au terme de la première étape en ligne du Tour d’Italie, le Wallon de la formation Lotto a gardé la première place du classement général de l’épreuve. Mais ce ne fut pas sans mal et Rik a dû payer de sa personne pour conserver son bien. Tout s’est joué dans les derniers vingt kilomètres, lorsque la pluie et une descente, ont déterminé la scénario d’une course jusque-là monotone. Longtemps, le tandem Marini-Gualdi avait animé l’étape, obtenant jusqu’à près de huit minutes d’avance. Sans paniquer, les équipiers de Lotto s’étaient alors portés en tête du peloton, assurant un train simplement soutenu. Ils avaient été relayés ensuite par la formation Fassa Bortolo en vue de l’ultime difficulté naturelle du parcours, une bosse grimpant vers la cité de Chieti.
Or, c’est là que tout s’est joué. La pluie avait rendu la route particulièrement glissante, en particulier la descente, rapide, menant vers le bord de mer. C’est là qu’il fallait être attentif, chanceux et… en forme. Des conditions remplies par Rik Verbrugghe qui s’est retrouvé dans un petit peloton comprenant aussi Frigo, son dauphin actuel et Camenzind, le vainqueur de la Doyenne. Le maillot rose prenait d’autant plus l’initiative que quelques centaines de mètres devant, ayant profiter également des nombreuses chutes et de l’éparpillement du peloton, un commando de choix tentait de profiter des circonstances. En tête de la course ? Pantani en personne, épaulé par son équipier Brignoli, mais encore par trois coureurs de la Once dont Abraham Olano. Sous l’impulsion de Verbrugghe, les deux premiers pelotons se sont alors regroupés et ont mené bon train pour tenter de d’assurer un maximum d’avance sur ceux qui avaient été surpris par la descente dangereuse. Des favoris annoncés du Giro, on remarquait les absences de Casagrande et Garzelli, le vainqueur de l’an passé, mais aussi Ullrich, déjà distancé dans la montée. Il s'avéra plus tard que Casagrande et Garzelli furent, tous les deux, victimes de chute - comme tant d'autres -, le numéro mondial se fracturant le radius ce qui l'empêche de poursuivre l'épreuve même s'il a terminé l'étape.
" C’était franchement dangereux, a expliqué Verbrugghe. J’ai eu peur, mais j’ai pu me maintenir devant. En vue du but, j’ai surveillé Frigo car il pouvait me ravir le maillot à la faveur des bonifications. "
Ce ne fut pas le cas. Verbrugghe a participé au sprint – il s’est classé 5e – la victoire revenant à Rastelli devant Duma. Le maillot rose avait réussi une bonne opération, tout comme un certain Pantani qui, dès la première manche, n’a pas hésité à pointer parmi les meilleurs. Coup de bluff ou témoignage de sa forme ? On verra plus tard…