Les classiques sont de plus en plus en danger pour van der Poel: "Le délai est très court"

Le Néerlandais souffre du dos depuis des mois et le mal ne semble pas se résorber. Ce qui inquiète son équipe Alpecin-Fenix.

G. Co.
Les classiques sont de plus en plus en danger pour van der Poel: "Le délai est très court"
©BELGA

Mathieu van der Poel ne défendra donc pas son titre mondial en cyclo-cross le 30 janvier prochain à Fayetteville, aux États-Unis. En raison de maux de dos persistants, le Néerlandais a mis un terme prématuré à sa saison dans les sous-bois. Une saison longue de... deux jours à peine avec une seconde place à Termonde et un abandon le lendemain à Heusden-Zolder.

De quoi augmenter encore d'un cran l'inquiétude au sein de son équipe, Alpecin-Fenix, pour la saison sur route qui arrive à grands pas. Pour autant, ses patrons Philip et Christoph Roodhooft ne veulent pas lui mettre la moindre pression : "Nous ne sommes pas du tout occupés avec son programme", a certifié Philip Roodhooft au Nieuwsblad, préférant laisser le temps au temps, "qu'il reprenne sur les Strade Bianche, le Tour des Flandres, le Tour de France ou le Tour de Lombardie, ce n'est pas ce qui importe pour le moment."

Le plus important actuellement pour Mathieu van der Poel est de se débarrasser de ces maux de dos persistants : "Personne ne peut prévoir à quelle vitesse la guérison va s'opérer. Il doit prendre le temps de retrouver son meilleur niveau, que cela prenne quelques semaines ou deux à trois mois. Mathieu n'aura jamais que 27 ans dans quelques jours, il a encore le temps, mais pour cela, il doit d'abord retrouver la santé."

Pour les classiques, cela sera très chaud

Mais la probabilité de ne pas voir Mathieu van der Poel sur les classiques printanières est bien réelle. S'il reste encore environ trois mois avant ses premières grandes échéances de la saison (le Tour des Flandres et Paris-Roubaix), van der Poel doit favoriser le repos et la récupération et ne peut par conséquent pas se consacrer pleinement à la préparation de ses futurs objectifs sur la route.

Il est déjà acquis que le Néerlandais repoussera sa reprise sur route, prévue sur l'UAE Tour (du 20 au 26 février), mais la date n'a pas encore été fixée. Du côté de son équipe, on espère encore qu'il sera présent sur les classiques même si une course contre-la-montre est désormais engagée : "Ce serait fantastique s'il pouvait disputer ces courses mais la prudence s'impose", a expliqué Philip Roodhooft dans les colonnes du Nieuwsblad, "le Tour des Flandres, prévu le 3 avril prochain semble encore loin mais ce n'est pas vraiment le cas. Pour reconstruire sa condition, il faudra sept à huit semaines, donc le délai est très court. Mais le but n'est pas qu'il reprenne le plus vite possible car il ne faut que ses maux de dos ne deviennent un mal chronique."

Un discours bien plus alarmiste que celui de son père, Adrie van der Poel qui estimait mardi que les classiques printanières n'étaient pas encore en danger.

En a-t-il trop fait ?

Comme l'a confirmé le médecin de l'équipe Alpecin-Fenix au Nieuwsblad, les premières douleurs de l'ancien vainqueur du Tour des Flandres sont apparues lors du dernier Tour de Suisse, pendant la préparation au Tour de France en juin dernier. Sa chute lors de la course olympique de VTT fin juillet n'a fait qu'aggraver le problème. Depuis lors, le Néerlandais n'a plus jamais réussi à atteindre son meilleur niveau, selon son père : "Depuis le Tour de France, il n'a pas été capable de disputer une bonne course", expliquait Adrie Van der Poel après son abandon à Heusden-Zolder fin décembre, "à Paris-Roubaix (NdlR, où il a pris la 3e place) cela allait encore mais ce n'était pas non plus du grand Mathieu. Sa préparation à la saison de cyclo-cross a été perturbée et il a donc accumulé un mois de retard sur le schéma initial."Un retard qu'il va continuer d'accumuler lors de la prochaine saison sur route.

Mais pour le sélectionneur néerlandais de cyclo-cross, Gerben de Knegt, le champion du monde en fait trop : "On ne se rend pas toujours bien compte à quel point il doit gérer la pression. Tout le monde s'attend à ce qu'il gagne partout où il s'aligne", a expliqué l'ancien cyclo-crossman dans une interview au Telegraaf, estimant que van der Poel s'éparpille trop dans ses objectifs, "Je pensais que cela ne valait pas pour lui mais il faut constater que dans toutes les disciplines où il s'aligne, la concurrence est de plus en plus forte. Cela exige donc plus de sa part car il n'agit pas juste de participer pour gagner pour lui. Ce n'est pas impossible de combiner les différentes disciplines mais à l'avenir il devra faire davantage de choix."

Et ce choix le poussera peut-être à tourner définitivement le dos au cyclo-cross, discipline où il a déjà tout gagné, pour se concentrer sur la route et le VTT.

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