Dans l'ombre de la fin de saison de cyclisme sur route avec le championnat du monde en Belgique, Paris-Roubaix et le Tour de Lombardie, le cyclo-cross a repris ses droits depuis un peu plus d'un mois déjà. Après plusieurs "petites" épreuves en Belgique et aux Pays-Bas qui ont permis à Toon Aerts, Michael Vanthourenhout et Eli Iserbyt de décrocher leurs premiers succès, le coup d'envoi de la Coupe du monde de cyclo-cross a été donné le week-end dernier aux États-Unis à Waterloo.

En l'absence des ténors, Mathieu van der Poel, Wout van Aert ou encore Tom Pidcock qui se reposent après une très longue saison sur route, c'est Eli Iserbyt qui s'est imposé sur la 1re des 16 manches de ce classement de régularité. La tournée américaine se poursuit cette semaine avec la manche de Fayetteville ce mercredi et celle de Iowa City ce dimanche. Mais outre l'intérêt purement sportif, cette seconde manche sera suivie avec attention par les suiveurs. En effet, c'est sur ce parcours dans la ville de l'Arkansas que sera disputé le Mondial de la discipline le 30 janvier prochain.

"Si les conditions restent comme elles sont actuellement, le parcours est conçu sur mesure pour Wout Van Aert", estime le double champion du monde Sven Nys qui est actuellement sur place avec son équipe Baloise - Trek Lions et décrit un parcours très atypique : "je n'avais jamais vu rien de tel dans ma carrière, on dirait un jeu vidéo car tout est artificiel et beaucoup d'investissements ont été faits pour développer un parcours de cyclo-cross."

Un parcours pour les coureurs puissants

Si le tracé du Mondial devrait subir quelques modifications par rapport à celui de la manche de Coupe du monde de ce mercredi, les coureurs pourront déjà prendre leurs repères sur ce parcours rocailleux. Directement après le départ, une longue descente attend les coureurs avec de nombreux virages dans un bois, "à cet endroit, on peut atteindre des vitesses vertigineuses jusqu'en bas", explique Nys. Dans la foulée suit une longue ascension avant d'arriver sur un plateau où la majeure partie du parcours est tracé.

Globalement, le parcours est fait pour les coureurs puissants comme l'est Wout Van Aert : "Ce n'est pas sinueux ni technique et cela ne se jouera pas du tout sur l'explosivité. Il s'agit de longs efforts de 40 à 50 secondes qui conviennent parfaitement à Wout Van Aert même si Mathieu van der Poel peut tirer son plan sur tous les terrains", préface Nys qui avait été titré en 2013 à Louisville lors de la précédente (et jusqu'à présent seule) édition du Mondial sur le sol américain.

S'ils ne sont donc pas présents à Fayetteville et ne reprendront pas dans les labourés avant la fin novembre au moins, il est fort à parier que Van Aert et Van der Poel seront très attentifs au déroulement de l'épreuve de ce mercredi qui pourrait déjà leur donner de nombreuses indications pour le Mondial... Eux qui ne sont pas encore certains de faire le long déplacement aux États-Unis à la fin du mois de janvier si proche du début de la saison sur route.