Cyclisme

Nous avons suivi, à vélo, le début de l’entraînement du groupe du Tour de France

BENICASSIM Quand on aime pédaler, voir les coureurs de Lotto-Belisol partir s’entraîner sous le soleil d’Espagne ne vous donne qu’une seule envie : trouver un vélo et aller rouler aussi ! Nous nous sommes donc lancé un défi : les accompagner.

Un parcours du combattant, car nous n’avions rien sur place. Il fallait d’abord dénicher un vélo de route, que le représentant de Ridley, qui équipe les Lotto-Belisol, nous a gentiment prêté. Un… Ridley Triton sur lequel nous étions comme un poisson (un amphibien, dans ce cas) dans l’eau !

Surtout que Jonas Van Genechten nous a amicalement fourni, pour la journée, son équipement de réserve (maillot, veste, cuissard et jambières). Mais il y avait un défi bien plus difficile à surmonter ensuite, avant de monter sur le vélo. Un défi de... taille.

Parvenir à rentrer dans les vêtements saillants du pro hennuyer, dont la taille est... XS ! De quoi se rendre compte directement de la différence entre un professionnel, bien sec et à la masse graisseuse quasi nulle, et un amateur qui n’a pas de compte à rendre à la balance...

On a donc fait l’impasse sur le maillot, bien trop serrant. La veste, par contre, même si elle n’a pas mis en valeur un bas ventre d’un trentenaire qui dit rarement non pour un apéro, a fait l’affaire.

Heureusement, car elle était nécessaire : si les températures sont délicieuses au soleil, ici, sur la Costa del Azahar, au matin, il y fait frisquet !

Enfin, il restait le défi sportif : prendre le sillage des coureurs, sous le regard surpris et amusé des pros ou du staff de la formation WorldTour . Après le petit-déjeuner, sur le coup de 8h, les coureurs se rassemblent sur le parking pour partir à 9h30.

Ils vérifient leur matériel, font le plein de bidons et de barres énergétiques. Nous suivons le train du groupe de Jelle Vanendert et de Jurgen Van den Broeck. Ce dernier prend les commandes avec Lars Bak pour sortir de Bénicassim. Nous sommes dans le sillage de Jurgen Van De Walle et de Joost Van Leijen. Le rythme est relax pour ces pros expérimentés, en phase d’échauffement dans cette sortie de plus de cinq heures.

À ce stade de l’entraînement, il est aussi (du moins sur le plat !) abordable pour un cyclo quelque peu entraîné.

VdB et son partenaire danois se relèvent ensuite en tête de groupe pour revenir à l’arrière, juste devant nous. Après une dizaine de kilomètres, le quatrième du Tour de France se retourne pour voir si nous sommes toujours là, avant de checker, à plusieurs reprises, son iPhone.

Lars Bak, lui, fait tranquillement des étirements du haut du corps, sur le vélo, à plus de 35 km/h !

En les observant de l’arrière, on a pu se rendre compte que Jurgen Van den Broeck est le vrai leader du groupe. Alors que nous étions sur une voie rapide et que Jelle Vanendert voulait s’arrêter pour satisfaire un besoin naturel, il a ordonné, avec force et conviction, à ses hommes de continuer : trop dangereux.

Avant d’autoriser une pause sur un endroit plus calme, quelques kilomètres plus loin. Même s’il paraît parfois renfermé face à la presse, VdB est un vrai leader sur le vélo !

Un leader très impliqué, aussi, dans la vie de son équipe, car il n’hésite pas, au soir, après avoir soupé avec ses coéquipiers, à venir s’asseoir à la table des soigneurs et des mécanos pour discuter.



© La Dernière Heure 2013