Hyperprofessionnel, le Wallon visait cette étape mais ne pensait pas s’imposer de cette manière

SAINT-GALMIER Pour Philippe Gilbert, le plus dur a commencé une fois la ligne d’arrivée franchie. Après les obligations protocolaires (vainqueur de l’étape et maillot jaune, le Liégeois est également en tête du classement par points et du combiné, tandis que son équipier Joly est leader du classement des grimpeurs) et avant la conférence de presse, à quelques mètres d’un restaurant belge, baptisé, cela ne s’invente pas, Au Manneken-Pis… Chez Gilbert, le Wallon, déshydraté, a éprouvé des difficultés à satisfaire au contrôle antidopage.

“Je suis cuit”, dit-il en tombant dans les bras de Marc Madiot. “J’ai les jambes qui brûlent mais demain, malgré les 43 km du chrono, je devrais conserver mon maillot. Après, ce sera autre chose…”

“J’avais coché cette étape”, dit encore le coureur de Remouchamps. “Je l’avais repérée sur Internet. J’espérais la gagner mais pas comme ça, soit en partant avec un petit groupe, soit au sprint, sur la montée finale. “
C’est un peu par hasard que Philippe Gilbert s’est retrouvé au commandement, si loin de l’arrivée. “Sébastien (Joly) m’a remonté en tête du peloton car nous pensions qu’un coup allait partir, et Vasseur nous a suivis”, expliqua-t-il. “Nous pensions que deux ou trois autres coureurs allaient suivre, après, on n’allait pas freiner. Vasseur nous a conseillé s pour doser nos efforts mais j’avais gardé quelques forces pour la fin d’étape. Quand le peloton nous a repris deux minutes, j’ai décidé de réaccélérer, et Vasseur a lâché. Il restait 55 km mais j’étais confiant, puis Sébastien a été distancé à son tour et j’ai un peu hésité.”

Dans les derniers hectomètres, le Wallon a préféré savourer ce succès, son troisième de la saison après le Volk et la Ronde d’Aix, un critérium. “Pour moi, la victoire au Volk était plus belle”, a confié Philippe. “C’est une classique, la course d’ouverture en Belgique. Mais cette victoire d’éta-pe vient en deuxième position.”

Puis, à une question d’un journaliste qui voulait lui parler de l’affaire de dopage en Espagne, Gilbert a répondu vertement. “On s’en fout. Ce qui m’intéresse, c’est la victoire. Vous n’allez pas commencer à me bouffer mon plaisir à cause de cons. Laissez-nous le plaisir de boire le champagne quand on gagne. On veut profiter du moment. Cela n’arrive pas si souvent…”