À peine le jour se levait sur Louvain, les différents dispositifs de sécurité arrivaient en nombre pour garantir le bien-être de tous et éviter tout débordement dû à un trop plein de passion, parfois agrémenté par les litres de bière ingurgités durant la journée. Au son des chants des Slovènes, facilement reconnaissables avec leur t-shirt vert et bleu, et du fan club de Remco Evenepoel qui se distingue par ses danses en file indienne, la température montait alors que les coureurs allaient prendre sous peu le départ de ce centenaire belge à Anvers.

Dans l’excitation de l’événement, tandis que les kilomètres d’embouteillages augmentaient au fil des minutes, le temps était venu de prendre connaissance du programme de la journée et du privilège de vivre la course de l’intérieur. Une opportunité rare, il faut le dire, surtout depuis qu’une distance s’est installée entre le peloton et les suiveurs, à cause de la crise sanitaire. Nul doute d’ailleurs que ce genre d’événement va pousser les différentes organisations à retrouver une normalité totale à court terme. Pouvoir découvrir l’envers du décor permet aux partenaires de se mettre en évidence et profiter de l’occasion pour faire passer certains messages essentiels au grand public. "Le cyclisme est une discipline présente dans l’ADN de SKODA et ce partenariat unique avec l’UCI Road World Championships est l’opportunité idéale de maximiser la visibilité de notre marque, ainsi que de positionner nos voitures avec un focus sur une empreinte écologique réduite", précise ainsi Liana Picard, PR Manager SKODA Import Belgique.

Présente depuis de nombreuses années dans la caravane des grandes épreuves cyclistes, la marque tchèque proposait diverses activités aux spectateurs présents dans les rues louvanistes pour acclamer le peloton mondial. Et la particularité de cette édition 2021 se trouvait dans le tracé choisi par Golazo et Flanders Classics. Leur désir était incontestablement d’apporter au parcours tous les ingrédients de ce que représente le vélo en Belgique (pavés, monts, virages, etc.). Étant donné le spectacle et le suspense sur les routes flamandes, on peut volontiers parler d’une grande réussite. On a pu s’en rendre compte lors des tours de repérage durant lesquels voir des enfants, adolescents, adultes et seniors le sourire aux lèvres avait quelque chose d’émouvant après de nombreux mois de galère. Car avant tout, le cyclisme est une fête populaire !

Si bien sûr, il y a eu, comme souvent, les quelques comiques de service qui en ont profité pour montrer leurs fesses, les chants et cris de soutien offraient aux suiveurs de la course un moment mémorable. Les drapeaux de tous les pays présents, ou presque, flottaient dans le ciel du Brabant flamand, certaines fanfares entonnaient les notes des hymnes nationaux alors que les plus créatifs décidaient de s’installer sur leur balcon pour jouer du violon. Enfin, les quelques stars présentes dans l’espace VIP, dont les anciens champions du monde Johan Museeuw et Bernard Hinault, livraient leur sentiment sur l’évolution de la course. Chez eux-aussi, on sentait la crispation quant au futur résultat.

Le public, amassé à quelques hectomètres de la ligne d’arrivée, ne cessait d’acclamer les stars du cyclisme belge, principalement le leader absolu de la délégation. Les "Woutje Van Aert…" étaient repris par une foule en liesse, tel un seul homme. Mais l’attaque décisive de Julian Alaphilippe est venue jeter un coup de froid sur Louvain, au même moment que quelques petites gouttes de pluie venaient arroser très légèrement les supporters. Comme si le ciel avait traduit la déception du clan belge à cet instant… L’espoir restait de mise pour accompagner Jasper Stuyven vers une médaille mais le régional de l’étape a failli dans sa mission. Un deuxième coup de massue.

Petite ombre au tableau d’une journée riche en rebondissements, certains ont adressé des coups de sifflet à Alaphilippe lorsqu’il a demandé une acclamation pour célébrer son titre. La rivalité franco-belge, le sum à la belge… Appelez cela comme vous voulez. Tous ont au moins reconnu la supériorité du puncheur de Montluçon avec du recul. Il est indéniablement un excellent ambassadeur de la tunique irisée. Il représente le cyclisme qu’on aime, ce sport qui se vit avec les tripes, à l’instinct et qui nécessite la passion.