La saison 2020 restera comme l'une des plus particulières de l'histoire du cyclisme : un Tour de France en septembre, des classiques printanières en octobre et le Giro et la Vuelta qui se chevauchent en automne, c'est du jamais vu.

Si les principales épreuves du calendrier ont pu être sauvées, la situation vécue au début de l'année avec l'interruption des courses suite à la crise du coronavirus entre la mi-mars et début août aura fait mal à tout le petit microcosme du cyclisme.

Ne pouvant profiter de la visibilité fournie par le cyclisme et se retrouvant eux-mêmes souvent en difficultés financières dans leur propre secteur d'activité suite à la pandémie de coronavirus, de nombreux sponsors se retirent de leurs engagements avec les équipes, ou du moins réduisent considérablement leurs dépenses.

Ce qui a une conséquence sur les coureurs en vue de la saison prochaine. L'arrêt de l'équipe CCC (dont la licence a été rachetée par l'équipe wallonne Circus-Wanty Gobert), laisse par exemple une trentaine de coureurs sur le carreau et d'autres formations sont encore dans l'incertitude par rapport à l'année prochaine.

Au niveau professionnel, ils sont encore bien plus d'une centaine à ne pas avoir de contrat pour la saison prochaine. Parmi eux, on retrouve plusieurs (très) grands noms tels que Michal Kwiatkowski, Filippo Ganna, Tao Geoghegan Hart, Michael Valgren, Giacomo Nizzolo, Domenico Pozzovivo ou encore Rigoberto Uran.

Si, malgré la conjoncture actuelle, tous ces grands noms du peloton devraient sans problème trouver une équipe pour la saison prochaine, Victor Campenaerts n'est lui pas de cet avis. Notre compatriote se trouve lui aussi dans cette situation. Le recordman du monde de l'heure possédait un contrat jusqu'à la fin de l'année 2022 avec la formation NTT. Mais avec le retrait du sponsor du même nom, l'équipe du manager Bjarne Riis n'est pas encore certaine de poursuivre la saison prochaine. Ce qui oblige donc le Belge, comme l'ensemble de ses équipiers, à aller voir ailleurs.

"Il y a des négociations avec deux équipes du WorldTour ainsi qu'avec mon équipe actuelle. Mais pour le moment, je n'ai rien de concret pour 2021", a-t-il expliqué au quotidien Het Laatste Nieuws, "Je ne veux pas y penser et cela me semble inimaginable mais... peut--être que j'ai disputé la dernière course de ma carrière dimanche dernier (à l'occasion de la dernière étape du Giro, NdlR)."

Et si un coureur de la trempe de Victor Campenaerts, deux fois deuxième d'étape sur ce Giro mais déjà vainqueur de contre-la-montre sur Tirreno-Adriatico, la Ruta del Sol, le champion d'Europe mais également vice-champion du monde de la discipline, a des difficultés pour trouver une équipe professionnelle pour la saison prochaine alors pour de nombreux coureurs possédant de moindres résultats, la quête d'une nouvelle équipe se fera en vain.

Le Belge quant à lui, et même s'il espère toujours être coureur professionnel l'an prochain, a déjà pensé à une éventuelle reconversion : "Si je ne peux pas trouver de solution, j'entamerai peut-être une carrière de pompier. Ce job m'a toujours fasciné."