Enorme scandale de dopage en Espagne

Cyclisme

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Enorme scandale de dopage en Espagne
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4 mois d'enquête et 3 jours de tourmente en Espagne. Le célèbre manager d'équipe, Manolo Saiz, serait impliqué

MADRID Alors que le Tour d'Italie touche à sa fin et que le Tour de France sera lancé dans un mois environ, le cyclisme se retrouve à nouveau éclaboussé par une grosse affaire de dopage. Une affaire qui a mouillé le manager d'équipe Manolo Saiz et poussé la firme Liberty a abandonné ce jeudi le parrainage de l'équipe actuelle du manager espagnol.

Cette énorme affaire de dopage sanguin a été entamée en février et a déclenché depuis mardi une tourmente qui pourrait n'en être qu'à ses débuts.

En Février 2006, la garde civile espagnole "apprend que certaines personnes fournissent des produits dopants à des sportifs de haut niveau et pratiquent le dopage sanguin". Une surveillance se met en place, qui conduit à un appartement du centre de Madrid, et au cours des mois va permettre de repérer les visiteurs de ce laboratoire clandestin où certaines personnes "réalisaient des prélèvements de sang et le stockaient".

Quelques mois plus tard, le 23 mai, cinq personnes sont arrêtées à Madrid et Saragosse. De multiples perquisitions ont lieu.Les suspects interpellés sont: le docteur Eufemiano Fuentes, ancien médecin de plusieurs équipes espagnoles (Kelme, Once), Manolo Saiz, manager de l'équipe espagnole Liberty, le directeur sportif adjoint de l'équipe espagnole Valence, Ignacio Labarta, un médecin de Madrid, José Luis Merino, et un coureur de VTT, Alberto Léon.

Les perquisitions mènent selon la garde civile à la découverte de "plus de 100 poches de sang congelé" et "plus de 100 poches de plasma sanguin", "de nombreux documents liés à des pratiques dopantes menées sur des cyclistes, ainsi que leurs plans d'entraînement", du matériel de congélation et de centrifugation. Les enquêteurs trouvent aussi "de grandes quantités d'anabolisants, des stéroïdes, des hormones et divers médicaments dont de l'érythropoïétine (EPO) et des hormones de croissance de fabrication chinoise".

Le mercredi 24 mai, Manolo Saiz, considéré comme simple client du réseau, est mis en liberté sous conditions. Le secrétaire d'Etat espagnol au Sport, Jaime Lissavetzky, affirme: "nous n'allons pas laisser agir impunément ceux qui veulent se faire de l'argent en jouant avec la santé des autres" car le gouvernement s'est "engagé pour la tolérance zéro dans la lutte contre le dopage". La Fédération espagnole de cyclisme (RFEC) affirme qu'elle n'a fait "aucune dénonciation" en lien avec l'affaire.

Le coureur italien Ivan Basso, leader du Giro et dont le nom est cité par la radio Cadena Ser comme client du docteur Fuentes, affirme qu'il n'a "jamais eu à faire avec lui". "Il n'y a rien de vrai. Aucun de nous, ni chez les coureurs ni dans le staff n'a de rapport avec lui", renchérit Bjarne Riis, manager général de son équipe, CSC.

Hier, jeudi 25 mai, l'assureur américain Liberty annonce qu'il "retire son patronage à l'équipe cycliste" espagnole éponyme en raison du "tort causé à (son) nom et au nom du cyclisme" et comme "conséquence de l'arrestation de Manolo Saiz".

La Ser affirme que le nom du coureur allemand Jan Ullrich, présent sur le Giro, figure au nombre des clients de Fuentes. Son équipe, la formation allemande T-Mobile, répond qu'il "n'y a rien de vrai dans tout cela". "On veut essayer de mêler des grands noms à cette histoire, mais Jan n'a rien à voir avec (Fuentes)", dit Christian Frommert, directeur de la communication de T-Mobile.

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