Et si Liège-Bastogne se jouait sur les pavés de la rue Naniot, nouvelle difficulté de la finale, qui "change tout", affirment les coureurs ?

Alex Howes, le coureur de Cannondale, l’affirme : "La nouvelle côte de Liège change absolument tout."

Un avis partagé par la majorité de ses collègues qui ont découvert ces dernières heures la montée mais aussi les autres (petits) changements du parcours qui risquent d’avoir des (grands) effets.

Stockeu disparaît

La célèbre trilogie des côtes autour de Stavelot n’est plus de mise cette année. Entre les côtes de Wanne et de La Haute Levée, les coureurs ne devront plus escalader le Stockeu, considéré comme une des côtes les plus dures de Belgique avec ses 2km300 à 9,9 %. Cette disparition est due à des travaux, mais Thierry Gouvenou songeait déjà à enlever une côte qui, située à 80 km de l’arrivée, n’a plus le même effet qu’auparavant.

"Le centre de gravité de la course s’est déplacé vers Liège", dit le directeur de course, "on verra l’an prochain, les travaux finis, si on remet Stockeu".

L’absence du Stockeu a deux conséquences. "Les coureurs sont contents car beaucoup craignaient la descente très pentue et tortueuse, en pavés sur la fin dans Stavelot", explique Lorenzo Lapage, le directeur sportif d’Orica-GreenEdge. C’est vrai qu’il y eut souvent de graves chutes et la météo annoncée n’aurait pas rendu les choses aisées.

"Surtout, ce sera moins dur pour les équipiers pour qui l’enchaînement des trois était souvent indigeste", dit le Belge. "On ne s’en rendra peut-être pas compte cette année, s’il fait très mauvais, mais par bon temps ça va permettre à beaucoup de coureurs d’aller plus loin dans la course."

Une montée plus raide de la Roche-aux-Faucons

Désormais, même La Redoute ne lance pas réellement la finale. Ces dernières années, c’est La Roche-aux-Faucons, introduite en 2008, et snobbé (pour travaux) il y a trois ans, qui lance la lutte finale. Cette année, les coureurs escaladeront par une autre première partie la côte où Andy Schleck (en 2010) et Philippe Gilbert (l’année suivante) avaient jeté les bases de leur succès.

La course ne passera pas par le passage à niveau qui se trouve à son pied et qui peut toujours causer des soucis, mais elle abordera la montée plus loin.

"C’est plus dur, il n’y a pas les paliers qui permettaient de reprendre un peu son souffle", explique Simon Gerrans et Tim Wellens de concert. De fait, la montée est plus courte (1,3 km contre 1,5 par l’autre côté) et donc plus pentue (11 % contre 9,3 %). "Par contre, il n’y a pas de pourcentages aussi élevés qu’il y avait au bas de l’autre côté", affirme Wellens.

Des pavés à 3 km de l’arrivée

Pourtant, c’est dans la finale que va survenir le changement majeur. Celui qui change tout. Conseillée par Joseph Bruyère, le double vainqueur liégeois de la Doyenne (1976 et 1978), la côte de la rue Naniot fait son apparition dans les cinq derniers kilomètres, entre la côte de Saint-Nicolas et la montée de l’avenue Jamar à Ans.

"Ils ont été la prendre dans les classiques du Nord", s’amuse Lapage qui avoue que Simon Gerrans, comme tous les puncheurs qui s’accrochaient jusqu’au bout, n’apprécie pas son ajout. "On dirait le Bosberg en moins long (autrefois la dernière côte du Tour des Flandres, après le Mur de Grammont). Si c’est pour faire du spectacle, ce n’est pas une bonne chose, ça va retarder le début de la finale. Les coureurs ne sont pas stupides, ils savent bien que ce sera plus dur. Ça devient encore plus compliqué de partir sur Saint-Nicolas ."

La montée fait 600 mètres, à 10,5 % de moyenne avec deux cents mètres à 13 et 15 % au milieu. Surtout, elle est pavée. Tim Wellens, lui aussi, s’en passerait bien. "Au pied, avec la chicane, c’est dangereux, il faudra être devant, ça va frotter et puis les pavés sont mauvais. Ils ont peut-être ajouté cette côte pour que Tom Boonen vienne…"