Technique et physique, ce tronçon est l’une des clés de la Primavera . Maxime Monfort nous en parle

MILAN Si la montée du Poggio semble indubitablement liée à l’histoire de Milan-Sanremo, on évoque en revanche beaucoup moins la descente succédant l’ultime difficulté du parcours de la Primavera. Or, pour conserver l’avantage qu’ils auront pu creuser dans la dernière ascension, les offensifs devront prendre certains risques afin de conserver leur viatique sur ce tronçon sinueux de trois kilomètres.

Lorsque le peloton reviendra au niveau de la mer et déboulera sur la Via Cavallotti, l’arrivée ne sera alors distante que de 2,9 bornes.

“Cette descente est particulièrement technique” , juge Maxime Monfort, qui se mettra dimanche au service de son leader, Fabian Cancellara, vainqueur en 2008. “Elle présente plusieurs virages en épingle assez périlleux mais propose aussi certains secteurs où le pédalage est absolument nécessaire lorsque l’on émarge au groupe de tête. Il faut donc encore posséder une certaine fraîcheur pour faire montre de suffisamment de lucidité dans les courbes mais aussi pour pouvoir relancer efficacement lorsque cela le nécessite.”

Vrai professionnel dans l’approche de chacune des épreuves qu’il dispute, le coureur de RadioShack a déjà analysé les prévisions météorologiques pour dimanche.

“Et elles sont plutôt catastrophiques” , souffle le Nadrinois. “La pluie devrait en effet s’inviter sur une bonne partie de l’épreuve. Des conditions qui vont rendre la course plus nerveuse mais aussi plus dangereuse. En Italie, lorsque les routes sont détrempées, celles-ci se transforment rapidement en de véritables patinoires. Il faut donc être très attentif et prudent.”

Une prudence qui ne dirigera pourtant pas le choix du matériel utilisé.

“Même s’il pleut intensément, nous monterons tout de même des roues profilées en carbone” , poursuit Monfort. “Le rendement est tellement efficace qu’il est pratiquement impossible de s’en priver. Il est toutefois vrai que le freinage est moins bon avec ce type de matériel. Lorsque l’on actionne la manette de frein, il faut ainsi cinq bons mètres avant de commencer à décélérer. Une fois cette donne connue, il devient donc nécessaire de bien anticiper ses freinages. Mais pour espérer gagner à Sanremo, il faudra prendre certains risques dans la descente du Poggio et donc actionner les freins au tout dernier moment…”



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