Le vainqueur du ProTour, qui ne déchaîne pas les passions autour de son nom, rêve désormais du maillot jaune et des JO

BRUXELLES Par les temps de grandes tempêtes qui sévissent actuellement au-dessus de la tête du ProTour, les responsables de l'Union Cycliste Internationale ne pouvaient pas rêver meilleur vainqueur que Cadel Evans pour le classement final du ProTour.

L'Australien de Predictor-Lotto s'inscrit à la troisième ligne de ce nouveau palmarès, succédant à deux coureurs contestés. Danilo Di Luca, tout d'abord, lauréat en 2005 grâce à son triplé Tour du Pays Basque, Flèche Wallonne et Amstel Gold Race, en plus de sa 4e place, cette année-là, au Tour d'Italie. Celui qui est surnommé le Killer était en passe pour remporter une deuxième fois le ProTour, mais la vieille affaire Oil For Drugs , de 2004, l'a rattrapé, lui coûtant trois mois de suspension et son éviction du ProTour. Alejandro Valverde, ensuite, vainqueur en 2006 grâce à son doublé Flèche-Doyenne dans les Ardennaises, tout en se montrant régulier dans les épreuves par étapes (2e de la Vuelta). Mais la réputation de l'invincible , surnom qui colle aux basques de Valverde pour sa capacité à faire mouche, est sérieusement détériorée par les rumeurs persistantes de son implication dans le réseau de dopage sanguin du Docteur Fuentes.

Jusqu'ici, Cadel Evans, lui, n'a été la cible d'aucune suspicion. Seule son image de suiveur, de coureur qui attaque rarement l'accompagne perpétuellement, ce qui ne déchaîne pas les passions du grand public. Une réputation qui peine un peu l'Australien.

"Je ne pouvais tout simplement pas attaquer comme Contador et Rasmussen" , déclarait-t-il durant le Tour de France, paraissant du coup plus humain dans une épreuve qui avait perdu toute humanité. Renfermé au premier abord, l'ancien double vainqueur de la Coupe du Monde VTT a fêté en toute discrétion sa victoire au classement final du Pro Tour, en compagnie de son épouse, Chiarra, une blonde italienne professeur de chant et de piano. Son calme et sa sérénité viennent peut-être de son enfance, passée durant les quatre premières années de sa vie chez les Barunga, une communauté aborigène où son père travaillait en tant que maire.

Très jeune, il se découvre des capacités sur deux roues. D'abord sur un BMX rafistolé, avant de se forger une carrière en VTT et de s'essayer à la route en 2001 pour progresser pas à pas et remporter le Pro Tour cette année, pour le compte de Predictor-Lotto. S'il ne serait pas insensible à rejoindre les rangs d'une équipe australienne, ce grand fan de Tintin (dont il a longtemps eu un poster dans sa chambre), se sent bien au sein de la formation belge, avec laquelle il rêve de gagner le Tour de France l'an prochain et les Jeux Olympiques de Pékin.



© La Dernière Heure 2007