Les deux coureurs Predictor joueront sans aucun doute les premiers rôles au Tour 2008

PARIS Apparemment, les organisateurs de la Grande Boucle ont réalisé un beau coup en optant pour un Tour sans prologue ni bonification. La formule semble plaire, sinon à tout le monde au moins à une grande majorité. Il est clair qu'ASO a voulu apporter un peu plus de dynamisme à son épreuve, notamment dans la première partie. Pour s'emparer des maillots jaune ou vert, il faudra impérativement faire la cour- se en tête et terminer les étapes avec les meilleurs.

Un de ceux à se frotter les mains en entendant que les bonifications étaient supprimées n'était autre que Robbie McEwen. "Tout le monde sait que je ne suis pas un grand partisan des sprints intermédiaires, confie le sprinter de l'équipe Predictor-Lotto. Je ne les dispute qu'à contre-coeur. Pour moi, seule la victoire d'étape compte." Il est vrai que le moindre coureur possédant une bonne pointe de vitesse peut remporter un sprint intermédiaire mais s'imposer dans un sprint massif, c'est une tout autre histoire ! Seuls les gros calibres ont alors voix au chapitre, surtout dans une épreuve aussi cotée que le Tour. Cela précisé, le bonheur des uns faisant rarement celui des autres, Marc Sergeant craignait un peu la nervosité de la première semaine pour son autre leader, Cadel Evans. "En temps normal, ce n'est déjà pas de la tarte, cette première semaine, dit le boss des Lotto, mais, avec la formule de cette année, beaucoup de coureurs pourraient prendre encore plus de risques que d'habitude, dans l'espoir de s'emparer d'une tunique distinctive. Et cela sur des routes de Bretagne qui ne sont généralement pas des boulevards. Pour ceux qui jouent le classement général, cette première semaine promet d'être particulièrement stressante."

Cadel Evans, de son côté, ne se plaignait pas outre mesure. "De toute façon, la première semaine du Tour est toujours pleine de pièges", confie le placide Australien qui, ces dernières années, est passé de la 8e à la 5e place, puis de la 5e à la 2e. "Si je pouvais encore gagner une place, je ne serais pas mécontent, évidemment, poursuit Evans, avec une pointe d'humour. Je resterai toutefois fidèle à ma tactique : limiter les dégâts en montagne et tâcher de gagner du temps sur mes rivaux dans les contre-la-montre. Je suis content de l'arrivée chez nous de Popovych, parce qu'en 2007, j'avais parfois été quelque peu esseulé. Notamment dans les Pyrénées, où j'avais perdu environ une minute. Et quand on sait qu'à Paris, cela s'est joué pour 23 secondes..." L'Australien n'achèvera pas sa phrase, mais tout le monde aura compris.

Quant à Contador, celui qui précédait Evans aux Champs-Elysées de ces fameuses 23 secondes, il se montrait lui aussi assez confiant, notamment après son transfert chez Astana. "J'y retrouverai Leipheimer, confie Contador, et une bonne partie de l'encadrement de mon ex-équipe Discovery Channel. J'imagine que l'année qui vient sera meilleure pour Astana, notamment en terme d'i-mage. Je suis en faveur de ce passeport biologique. Tout pour que je passe un Tour plus tranquille." On imagine...



© La Dernière Heure 2007